LES RADIOGRAPHIES de l’abdomen et du pelvis des femmes enceintes sont actuellement rares, mais la question peut se poser sur les scanners, dont l’utilisation augmente. Les résultats enregistrés par Preetha Rajaraman et coll. (ville d’York au Royaume-Uni et NIH à Bethesda) sont concordants avec ce qui était suspecté par les médecins depuis longtemps et avec les craintes exprimées par les mères.
Il y a quelques études d’enfants qui ont montré une association entre les radiographies diagnostiques réalisées pendant la vie in utero ou la période postnatale précoce et un accroissement du risque de cancer de l’enfant. Ces études portent sur des enfants nés entre les années 1940 et les années 1970, périodes où les expositions aux rayons X ont été probablement supérieures à ce qu’elles sont actuellement. Mais ces associations ne sont pas claires, la plupart de ces études reposant sur un recueil de données par interview des parents.
Les auteurs ont utilisé les données de l’étude UKCCS (United Kingdom Childhood Cancer Study), une grande étude cas-témoins sur les cancers de l’enfant, pour calculer les risques de cancer après une exposition à des irradiations diagnostiques in utero et après la naissance jusqu’à 100 jours de vie. L’éventualité de risques associés à l’échographie a également été examinée. L’analyse a été menée pour 2 690 cas de cancer de l’enfant et 4 858 témoins appariés pour l’âge, le sexe et la région (enfants nés entre 1976 et 1996).
Les calculs avec ajustements pour l’âge de la mère et le poids de l’enfant montrent un léger accroissement du risque de cancers après exposition aux rayons X pendant la vie in utero, pour ce qui concerne l’ensemble des cancers de l’enfant (odds ratio de 1,14) ainsi que les leucémies (OR de 1,36), mais cela n’est pas statistiquement significatif.
Un petit excès de risque de cancers de l’enfant existe également pour une exposition aux rayons X pendant la vie postnatale précoce (0 à 100 jours) pour l’ensemble de tous les cancers confondus et pour les leucémies. Pour les lymphomes, il existe également une augmentation du risque (OR 5,14), mais les chiffres sont à prendre avec prudence, car le calcul ne porte que sur un petit nombre de cas ; cette donnée est à vérifier sur un effectif plus important.
Bien que les augmentations de risque ne soient pas statistiquement significatives, les auteurs incitent les cliniciens à la prudence et à l’épargne des examens comportant une irradiation par rayons X pendant la vie in utero et en période postnatale.
« Toutes les données trouvées indiquent un risque potentiel de cancer par les rayons diagnostiques à des doses inférieures à celles utilisées de manière courante pour les examens par scanner. » Ce qui souligne la nécessité d’un usage prudent des examens d’imagerie comportant des rayons X de l’abdomen et du pelvis de la mère pendant la grossesse, ainsi que de l’enfant à un très jeune âge.
BMJ, en ligne le 10 février 2011, doi:10.1116/bmj.d472.
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