Nocturne isolée
L’énurésie nocturne est l’émission involontaire d’urines pendant le sommeil, à un âge où l’enfant n’est habituellement plus exposé à cette situation (au-delà de 5 ans). Elle s’améliore avec le temps et, en l’absence de tout traitement, le taux de guérison annuelle est de 15 % chez les enfants âgés de 5 à 10 ans.
L’énurésie nocturne isolée est la forme la plus fréquente d’énurésie de l’enfant. Il s’agit d’un enfant qui urine toutes les nuits et qui n’a jamais été propre. Elle touche plus fréquemment les garçons que les filles et il existe une forte prédisposition génétique.
L’énurésie est secondaire si elle succède à une période de propreté complète d’au moins 6 mois.
Si l’énurésie est également diurne, un avis spécialisé est nécessaire. Un bilan est alors proposé comprenant généralement une échographie de l’appareil urinaire. Une exploration urodynamique peut également être réalisée.
Chez les fillettes, l’hyperactivité vésicale prédomine souvent lorsque les fuites nocturnes sont associées à troubles mictionnels diurnes dominés par l’urgence mictionnelle. Une constipation peut aussi être associée.
Les facteurs psychologiques interviennent principalement dans le cas des énurésies secondaires.
Diagnostic
Le diagnostic est simple à faire devant des troubles caractéristiques. Il repose sur un interrogatoire, un examen clinique approfondi, prise de tension, et un examen des urines (bandelette).
« La première consultation sera assez longue car il faut bien expliquer aux parents et à l’enfant le symptôme, le traitement et les impliquer dans la prise en charge… Il s’agit d’une prescription dans la durée. Il faut une bonne relation médecin/patient », souligne le Dr Francis Perreaux (hôpital Antoine-Béclère, Clamart ). L’énurésie guérit toujours tôt ou tard.
La prise en charge de ce symptôme repose d’abord sur les mesures éducatives et hygiéniques qui relèvent du bon sens : boire peu le soir, favoriser la miction avant le coucher… Conseiller aux parents une attitude visant à dédramatiser la situation et à responsabiliser l’enfant (tenue d’un calendrier mictionnel, participation au nettoyage…).
Implication et motivation
L’enfant doit être l’acteur principal de la thérapie et être mis en confiance par son environnement familial.
« L’énurésie ne doit pas être traitée avant l’âge de 5 ans, mais il est très rare que les parents consultent avant cet âge. Souvent, les parents n’osent pas en parler, par honte…il s’agit encore d’un sujet tabou », explique le Dr Françis Perreaux.
Les différents traitements doivent prendre en compte la motivation de l’enfant vers la guérison. En cas d’échec des mesures hygiéno-diététiques, un traitement médicamenteux par la desmopressine (pas avant 6 ans) peut être envisagé. Il faut toujours être vigilant face aux effets secondaires potentiels liés à une rétention excessive d’eau (intoxication par l’eau).
Le traitement est initié à faible dose* et la dose est augmentée progressivement, si besoin. Le traitement s’administre pendant 3 mois à la dose minimale efficace. La desmopresine ne doit jamais être pris de façon ponctuelle, ou à la demande. Il faut limiter les boissons au minimum 1 heure et jusqu’à 8 heures après la prise de desmopressine. Bien expliquer ces recommandations lors de la prescription.
Le traitement peut également être comportemental à l’aide d’un système d’alarme déclenchant un signal sonore qui doit être interrompu par l’enfant lui-même. A court terme, l’action de la desmopressine serait plus rapide que celle des alarmes. Mais, l’efficacité à long terme des alarmes serait supérieure à celle des médicaments.
Enfin, l’énurésie peut avoir un retentissement psychologique, familial ou social important dans certains cas, et peut générer une vraie souffrance. L’avis d’un psychothérapeute est alors nécessaire.
* La posologie initiale recommandée est de 120 µg/j en une prise le soir (cf le Vidal).
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