DE NOTRE CORRESPONDANT
LORSQUE l’individu est au repos, soit pendant le sommeil, la somnolence ou lors d’une anesthésie, certaines régions cérébrales continuent à communiquer entre elles. On appelle ce système le réseau du mode cérébral par défaut. Ce réseau est généralement associé à des processus cognitifs spontanés, auto-référentiels, alors que les réseaux d’attention et de contrôle de l’exécution le sont avec la cognition intentionnelle, « contrôlée ».
Une imagerie par résonance magnétique fonctionnelle au repos (RS-IRMf) a été faite chez 107 délinquants de 14 à 19 ans (78 garçons, 29 filles). Un algorithme d’analyse des données de la RS-fcMRI a permis à des Américains d’identifier, parmi 36 régions candidates, deux régions cérébrales dont la connectivité fonctionnelle est associée au degré d’impulsivité (évalué par le Hare Psychopathy Checklist) de ces adolescents. Il s’agit des faces rostrales droite et gauche du cortex prémoteur dorso-latéral (PMdr), dans l’aire 6 de Brodman. Cette approche est, en outre, capable de prédire avec exactitude et de manière individuelle, l’importance de l’impulsivité.
Les auteurs ont alors précisé la nature de cette association chez 17 jeunes adultes sains. Ils constatent que dans cette cohorte, il existe une corrélation positive entre le signal BOLD (qui reflète les variations locales de la quantité d’oxygène transporté par l’hémoglobine en fonction de l’activité neuronale) de la région PMdr et les signaux issus des réseaux d’attention et de contrôle de l’exécution, et une corrélation négative avec le signal du réseau du mode par défaut. Par contre, c’est l’inverse qu’on observe chez les délinquants à fort degré d’impulsivité, à savoir une corrélation positive entre le signal de la région PMdr et celui du réseau du mode par défaut, et négative avec ceux des réseaux d’attention et de contrôle de l’exécution.
Des volontaires de 7 à 31 ans.
Est-ce que cette relation entre l’organisation cérébrale et l’impulsivité peut être rattachée à l’âge ? Pour le savoir, l’équipe de Kent A Kiehl a étudié la connectivité fonctionnelle de la région PMdr dans une nouvelle cohorte, constituée de 95 sujets volontaires de 7 à 31 ans. Ils découvrent que la connectivité fonctionnelle de PMdr se déplace du réseau mode par défaut vers les réseaux d’attention et de contrôle de l’exécution alors que l’âge augmente : la connectivité de la région PMdr avec les réseaux d’attention et de contrôle de l’exécution augmente significativement avec l’âge (P ‹ 0,05), et cette connectivité avec le réseau mode par défaut diminue, également de manière significative (P ‹ 0,001), avec l’âge.
Ce qui amène les Américains à faire l’hypothèse que le mode de connectivité de la région PMdr, chez les adolescents délinquants à forte impulsivité, se développe (c’est-à-dire se déplace du réseau mode par défaut vers les réseaux d’attention et de contrôle de l’exécution) de manière similaire à ce qu’on observe chez l’ensemble des sujets jeunes, mais avec un certain retard de maturation fonctionnelle. L’impulsivité excessive, chez les délinquants, s’expliquerait ainsi, selon eux, par la survenue tardive de ce processus de maturation, plutôt que par des anomalies patentes des connectivités neuronales.
BJ Shannon, KA Kiehl et coll. Premotor functional connectivity predicts impulsivity in juvenile offenders. Proc Natl Acad Sci USA (2011) Publié en ligne.
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