Les fractures distales du radius constituent les fractures les plus fréquentes chez l’enfant.
Celles avec un angle minimal (<15°) n’ont pas besoin d’être réduites, en raison de la capacité unique du squelette immature de l’enfant de remaniement et de cicatrisation. Leur évolution à long terme est d’excellent pronostic, avec seulement de rares complications sous la forme de déformations. Ces fractures avec angle minimal peuvent être des fractures en bois vert (rupture corticale partielle avec persistance d’une continuité cortico-périosté) ou des fractures transverses. Le traitement habituel consiste en un plâtre pendant 4 à 6 semaines surveillé par des consultations régulières en orthopédie.
Pour un enfant, un plâtre représente une complication pour l’hygiène, une source de crainte au moment de l’ablation (peur de la scie et de son bruit), et de plus, il est nécessaire de s’adresser à un service spécialisé pour l’ôter. Des études préliminaires, chez l’enfant et l’adulte, ont suggéré qu’une attelle peut représenter une alternative sûre au plâtre.
L’étude randomisée contrôlée de Kathy Boutis et coll. tend à confirmer cette notion. Elle a porté sur 92 enfants de 5 à 12 ans traités pour une fracture du radius avec un angle inférieur à 15° (transverses ou en bois vert) dans un hôpital pédiatrique (Hospital for the Sick Children, Toronto).
Parmi les enfants inclus, 43 ont été traités par une attelle préfabriquée pour le poignet et 49 par un plâtre.
Les enfants du premier groupe avaient le droit d’ôter leur attelle pour se laver pendant le traitement. Mais par ailleurs, ils ont dû conserver l’attelle pendant toute la durée prescrite, de même durée que pour le plâtre, c’est-à-dire pendant 4 semaines.
Le degré d’angulation.
Les deux modes de contention ont été comparés. Après six semaines, les participants ont été évalués par des praticiens qui ne savaient pas quel type de contention les enfants avaient eu. On a estimé la fonction physique à l’aide d’une échelle d’évaluation (Activity Scale for Kids), ce qui a montré un score de 92,8 dans le groupe attelle et de 91,4 dans le groupe plâtre, soit une différence de 1,44. « L’hypothèse que le plâtre est moins efficace d’au moins 7 points est rejetée. » On a mesuré le degré d’angulation, à 4 semaines, ce qui ne montre pas de différence significative (9,85° dans le groupe attelle et 8,20° dans le groupe plâtre) ; différence moyenne de 1,65°, ce qui n’est pas significatif non plus. Enfin les performances motrices, la force de préhension et les complications, autres critères de comparaison, ne révèlent pas non plus de différences significatives entre les deux groupes.
« Nos résultats s’ajoutent à l’ensemble des données qui indiquent qu’une attelle est une alternative convenable au plâtre pour certaines fractures spécifiques de l’extrémité distale du radius », écrit Kathy Boutis.
La satisfaction des parents et des enfants a été évaluée. Elle se révèle supérieure avec l’attelle. À six semaines, 43 % des parents dans les deux groupes ont rapporté être « pleinement satisfaits ». Parmi les enfants ayant un plâtre, 68 % auraient préféré avoir une attelle ; tandis que seulement 12 % du groupe attelle auraient préféré un plâtre. « L’absence de complications sérieuses dans notre étude est cohérente avec ce qui est publié sur les fractures distales du radius avec un angle minimal chez l’enfant ».
Canadian Medical Association Journal, 7 septembre 2010.
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