ENVIRON un cinquième des dyslexiques retrouvent des capacités de lecture satisfaisantes arrivés à l’âge adulte, grâce à des mécanismes de compensation toutefois encore mal définis. On a identifié un certain nombre de facteurs (neuro-psychologiques, comportementaux, démographiques) capables de prédire le potentiel de compensation à court terme, mais non à long terme. F. Hoeft, J.D.E. Gabrieli et coll. ont cherché à savoir si la mesure d’indices fonctionnels et structuraux cérébraux par deux techniques de neuro-imagerie, l’IRMf et la ITD (imagerie du tenseur de diffusion, qui permet d’analyser l’intégrité de la substance blanche et des connexions cérébrales) respectivement, pouvaient donner une bonne prédiction des capacités d’amélioration à long terme.
Des tests de lecture standardisés.
L’équipe de John Gabrieli, constituée de chercheurs américains, britanniques et finlandais, a conduit une étude prospective longitudinale chez 25 enfants dyslexiques (âge moyen 14 ans ; 12 garçons, 13 filles) et 20 enfants non dyslexiques (âge moyen 11 ans ; 6 garçons, 14 filles). Les performances étaient évaluées, par des tests de lecture standardisés, au début de l’étude ainsi que plus de deux ans et demi après.
L’analyse univariée des IRM fonctionnelles deux ans et demi après le début de l’étude montre que dans le groupe des enfants dyslexiques, l’amélioration de la lecture de mots isolés est corrélée de manière positive à l’activation du gyrus frontal inférieur (GFI) droit. On n’observe aucune corrélation entre l’activation de cette région cérébrale (que ce soit à droite ou à gauche) et les progrès de la lecture chez les sujets contrôles. L’analyse univariée des ITD indique, quant à elle, une corrélation positive entre les progrès à la lecture de mots isolés et les valeurs de la fraction d’anisotropie (FA) au niveau du faisceau longitudinal supérieur (FLS, qui inclut le faisceau arqué (FA) du côté droit chez les dyslexiques chez qui on disposait de données (n = 21). En outre, une relation positive a été découverte entre ces valeurs du FA au niveau du FLS et l’activation de l’GFI droit à l’IRMf (p = 0,04), toujours dans le groupe dyslexique.
Les auteurs ont ensuite réalisé une analyse multivariée en considérant deux sous-groupes d’enfants dyslexiques selon que le degré de l’amélioration de la lecture de mots isolés se situait au-dessus ou en dessous d’une valeur médiane d’amélioration de 1,65 par an au test WRMT (Woodcock Reading Mastery Test Revised) WID. L’analyse montre que la mise en évidence d’une activation sur l’ensemble du cerveau, lors de la réalisation des tâches phonologiques, permet de faire la distinction entre ces deux groupes d’amélioration de la lecture avec une exactitude de 92 % (p < 0,001).
Le gyrus frontal inférieur droit.
Ces résultats suggèrent que la neuro-imagerie, en détectant des variations fonctionnelles et structurelles au niveau du cerveau préfrontal droit lors de la réalisation des tâches phonologiques, est capable de prédire le potentiel de rattrapage à long terme chez les enfants dyslexiques. Ces modifications semblent corrélées spécifiquement aux progrès des dyslexiques car elles sont absentes chez les contrôles non dyslexiques. Il est intéressant de noter l’implication de la région du gyrus frontal inférieur droit, dont le rôle dans les mécanismes compensatoires de la lecture a déjà été évoqué. Le rôle, dans la prédiction des progrès de la lecture, de l’intégrité de la matière blanche au niveau du faisceau longitudinal supérieur droit doit également être soulignée étant donné que ces fibres représentent une voie de communication entre les aires de Broca et de Wernicke. Enfin, l’existence d’une relation entre l’activation préfrontale droite et l’intégrité de ces fibres, dans la prédiction du potentiel de rattrapage de la lecture, incite à penser que ces mesures de la fonction et de la structure cérébrales représentent deux facettes d’un mécanisme commun de développement dans le cortex préfrontal droit des dyslexiques.
PNAS (2010) Publié en ligne.
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