Un taux sanguin bas de vitamine D est associé à une augmentation du risque d’anémie chez l’enfant, selon une étude menée par des chercheurs du Johns Hopkins Children’s Center et publiée dans « Journal of Pediatrics » (21 octobre).
Meredith Atkinson et coll. indiquent que c’est « la première étude à explorer de manière extensive un lien entre ces deux états ». Et que ces résultats ne sont pas une « preuve de cause à effet, mais plutôt la preuve d’une interaction complexe entre un taux bas de vitamine D et l’hémoglobine ».
Pic du risque d’anémie
Des prélèvements sanguins de 10 410 enfants et adolescents âgés de 1 à 21 ans (dans la National Health and Nutrition Examination Survey 2001-2006) ont été analysés pour mesurer les taux de vitamine D et d’hémoglobine. Les résultats montrent que les niveaux de vitamine D sont constamment bas chez les enfants ayant une hémoglobine basse, comparativement aux enfants non anémiques.
Le pic du risque d’anémie est observé pour un état de carence, ce qui correspond à un taux de vitamine D inférieur à 30 nanogrammes par millilitre.
« Les enfants ayant un taux sanguin de vitamine D inférieur à 30 ng/ml ont un risque d’anémie presque doublé (OR 1.93, 95 % CI 1.21-3.08, P = 0.006) lorsqu’on les compare à ceux ayant un taux normal de vitamine D. »
Les observateurs se sont intéressés aux différents sous-groupes des enfants. Les enfants Noirs ont une fréquence plus élevée d’anémie comparés aux enfants Blancs (14 % versus 2 %), avec des taux sanguins de vitamine D considérablement plus bas.
Enfants Noirs et Blancs
Mais leur risque d’anémie ne commence à augmenter que pour des taux beaucoup plus bas de vitamine D que chez les enfants Blancs.
« La nette différence ethnique que nous observons devrait être utilisée pour se souvenir qu’un niveau que nous considérons comme pathologique dans certains contextes, peut être correct dans d’autres. Ce qui devrait faire s’interroger sur notre approche systématique actuelle pour indiquer une supplémentation. »
En matière de compréhension des liens unissant vitamine D et hémoglobine, les chercheurs n’ont que des hypothèses : un effet de la vitamine D sur la production des hématies par la moelle osseuse hématopoïétique, ou la capacité de cette vitamine de réguler l’inflammation immunitaire, qui est un catalyseur connu de l’anémie.
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