Mise en œuvre depuis 2017, la réforme du troisième cycle s'est inscrite dans une volonté d'améliorer la formation globale des internes, en leur proposant une acquisition progressive de connaissances et de compétences plus denses, de façon précoce, visant leur responsabilisation en fin de cursus. Cette réforme prévoit également une meilleure réponse aux besoins de santé sur le territoire et à l'évolution de la médecine : la formation des internes devient très spécialisée dès le choix du DES (1-4).
Un cursus simplifié
La simplification et l’homogénéisation de la formation, à la fois théorique et pratique, constituent un des enjeux majeurs du projet. Ainsi, quarante-quatre DES, dont cinq nouvelles spécialités, ont été individualisés par la réforme. Par ailleurs, les diplômes d’études spécialisées complémentaires (DESC) ont été supprimés. Ils ont été remplacés soit par des formations spécialisées transversales (FST), soit par des DES caractérisés, tels que ceux proposés en gériatrie ou en médecine d’urgence. Les FST proposent l’acquisition de compétences accessibles à plusieurs spécialités, tandis que les options permettent des apprentissages supplémentaires spécifiques au DES. Un interne ne peut réaliser qu’une FST ou option au cours de son cursurs. Pour les DES d’une durée de quatre ans, les options et les FST ajoutent un an à la formation. Le nombre de postes ouverts par option ou FST, ainsi que par subdivision, est soumis à un arrêté annuel.
Un DES en trois phases
La maquette et les compétences exigibles pour le DES de rhumatologie ont été redéfinies, avec une progression du parcours sur une durée de quatre ans et selon trois phases : socle, approfondissement et consolidation.
- Phase socle : découverte de la spécialité et du métier d’interne
Au cours de cette première année, l’interne devra réaliser deux stages sélectionnés pour leurs capacités pédagogiques : en rhumatologie et un second dans une autre spécialité. Sur le plan théorique, une formation par e-learning (plateforme SIDES) est proposée, via des cours portant sur des connaissances fondamentales et pratiques (vidéos, fiches résumées, QCM, recommandations…).
- Phase d’approfondissement : balayage des spécificités du DES, soutenance de thèse
Pendant cette période de deux ans, l’interne effectuera deux stages en rhumatologie et deux en dehors de la spécialité. Par ailleurs, c'est au cours de cette phase que l'interne peut réaliser une année de master 2, de FST ou un stage hors subdivision. En pratique, cette période allie spécialisation et transversalité. Sur le plan théorique, elle se caractérise par la poursuite de la formation en e-learning, avec des cours dédiés pour approfondir les connaissances théoriques sur les grands domaines de la rhumatologie (ostéoporose, arthrose, rhumatismes inflammatoires, vascularites…) et des enseignements transversaux universels. Cette phase intègre également l’initiation à l'échographie ostéoarticulaire.
Cette formation repose sur des référents locaux d'échographie et des cours en ligne comprenant : les bases théoriques, les fiches du Collège français des enseignants en rhumatologie (COFER) avec détails des coupes, et les liens vers des vidéos de la Société savante européenne de rhumatologie (EULAR). Des exercices pratiques sont également au programme au cours de la première année d'approfondissement (coupes d'articulations « normales » à rendre sur la plateforme), mais aussi de la seconde (dépôt de coupes pathologiques, objectif d'un nombre minimum d’examens vus et réalisés, participation à un séminaire régional dédié). L’objectif est d’atteindre un niveau « basique » utile en pratique clinique quotidienne pour tous les rhumatologues. Enfin, la réforme a acté la nécessité pour l'interne de soutenir sa thèse en fin de phase d'approfondissement, pour pouvoir passer en phase de consolidation.
- Phase de consolidation : responsabilisation du « docteur junior »
Cette dernière année d'internat vise la mise en responsabilité, avec la création d'un statut spécifique de « docteur junior », situé entre le chef de clinique (ou l'assistant) et l'interne. Le rôle précis de l'interne est défini avec le responsable du terrain de stage. Les terrains de stage pouvant accueillir les « docteurs juniors » sont décidés à la suite d'un sondage entre les internes et le coordonnateur, afin de pouvoir répondre au mieux aux souhaits des internes. Ceux-ci sont acceptés dans leur stage à l'issue d'une procédure d'appariement (big matching) passant par la plateforme informatique Siimop. Enfin, point important, le statut de « docteur junior » valide un an d'assistanat ou de clinicat pour un projet d’installation en secteur 2.
Internes en rhumatologie
(1) https://www.conseil-national.medecin.fr/etudiants-internes/etudes-medec…
(2) https://solidarites-sante.gouv.fr/professionnels/se-former-s-installer-…
(3) https://sfr.larhumatologie.fr/sites/sfr.larhumatologie.fr/files/medias/…
(4) https://sfr.larhumatologie.fr/presentation/sections/section-rhumatologu…
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