Ranelate de strontium

Du nouveau dans l’arthrose

Publié le 05/04/2012
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DANS LE CADRE du congrès européen sur l’ostéoporose et l’arthrose ( IOF-ECCEO), à Bordeaux, le Pr Jean-Yves Reginster (Liège) a présenté les résultats d’une étude contrôlée montrant l’efficacité du ranelate de strontium (Protelos) dans l’arthrose, que ce soit sur le plan anatomique (p = 0,018) que sur la symptomatologie (p ‹ 0,05), cela avec un recul de trois ans.

On sait que le ranelate de strontium (Protelos) est actuellement destiné au traitement de l’ostéoporose mais ses indications pourraient s’étendre à l’arthrose, possibilité entrevue dès les études précliniques indiquant une restauration de l’équilibre entre formation et dégradation du cartilage. Par la suite, l’analyse post-hoc de sous-groupes de patientes arthrosiques incluses dans des études menées dans l’ostéoporose avait livré plusieurs indices favorables : diminution de l’excrétion urinaire des biomarqueurs de la dégradation cartilagineuse (CTX-II), ralentissement de l’aggravation des pincements articulaires, réduction de la douleur vertébrale.

1371 gonarthroses.

Tous ces éléments ont conduit à la mise en place d’un vaste essai international (18 pays, 98 centres) randomisé, contrôlé en double aveugle, ayant pour objectif d’évaluer l’efficacité du ranelate de strontium (1 à 2 g/j), sur trois ans, chez 1371 patients souffrant de gonarthrose.

Les résultats présentés à l’ECCEO sont favorables sur tous les paramètres analysés, à commencer par le pincement articulaire (mesuré au centre de l’articulation tibiofémorale) qui est significativement réduit chez les patients prenant du ranelate de strontium (p = 0,018). Parallèlement, le traitement améliore significativement le score WOMAC qui prend en compte douleur, raideur et handicap fonctionnel (p ‹ 0,05) et en particulier la composante douloureuse (p ‹ 0,05). Enfin, la tolérance a été globalement bonne.

Pour le Pr J.-Y. Reginster, ces résultats ouvrent de nouvelles perspectives dans le traitement de la gonarthrose, en particulier celle de retarder l’heure du handicap et celle de la prothèse du genou.

 Dr ALAIN MARIÉ

Source : Le Quotidien du Médecin: 9111