Syndrome du canal carpien

Le traitement percutané sous échographie fait ses preuves

Publié le 29/11/2010
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LE NOMBRE d’interventions chirurgicales pour canal carpien pratiqué annuellement en France est de 79 000. Ce qui en fait l’acte de chirurgie quasiment le plus fréquent. À l’heure actuelle, les patients sont opérés à ciel ouvert – technique la plus répandue – ou sous endoscopie. Une nouvelle technique moins invasive a été mise au point il y a deux ans. Il s’agit d’un geste percutané réalisé sous contrôle échographique. « Grâce au développement de l’échographie interventionnelle, on peut avoir une bonne vision des structures anatomiques, notamment du ligament annulaire antérieur du carpe », souligne le Dr Lecoq, premier signataire de l’étude. Celle-ci a été réalisée par l’équipe du service de rhumatologie du Pr C. Marcelli, en collaboration avec le département d’orthopédie des Prs Hulet et Vielpeau ainsi que le Dr Hanouz, chirurgien de la main.

Après une validation initiale sur des avant-bras de cadavre (n = 104), la faisabilité de la technique a été évaluée sur des sujets vivants. Les résultats disponibles à ce jour portent sur 25 patients « tout-venant », âgés en moyenne de 57 ans (37 à 80 ans), chez lesquels une indication chirurgicale avait été posée.

Une amélioration systématique sans lésions iatrogènes.

Le geste a permis de réaliser une section complète du ligament annulaire antérieur du carpe dans tous les cas, sans lésions iatrogènes, et d’obtenir un soulagement chez tous les patients à un mois. « Nous avons observé une récupération rapide, en quelques jours, contre trois à quatre semaines avec la chirurgie ouverte », indique le Dr Lecoq en soulignant qu’il s’agit d’une étude préliminaire et qu’une analyse statistique n’est pas réalisable dans ce cadre. Un patient avait quelques paresthésies au quatrième doigt. En revanche, aucun n’a présenté de douleurs cicatricielles comme c’est parfois le cas après chirurgie ouverte, voire endoscopique. En effet, pour cette intervention pratiquée sous contrôle échographique, « une ouverture de 5 mm au pli palmaire est suffisante pour permettre de glisser le couteau rétrograde dans son trocart et de sectionner le ligament annulaire du carpe. Il n’y a pas d’ouverture au niveau de la paume de la main, donc pas de cicatrice à la paume de la main douloureuse ». L’absence de douleurs cicatricielles serait en faveur d’une reprise de l’activité professionnelle plus précoce qu’avec les autres techniques. Si cette donnée est confirmée, le traitement percutané sous échographie du syndrome du canal carpien pourrait avoir un impact économique important.

Cette étude préliminaire montre donc qu’il est possible de modifier la technique chirurgicale du canal carpien grâce à un geste réalisé en percutané sous échographie et, ainsi, d’obtenir une meilleure récupération et une diminution des complications locales. Des résultats prometteurs qui demandent cependant à être confirmés. Ce sera l’objectif de l’étape suivante envisagée par l’équipe, à savoir le lancement d’une étude prospective randomisée comparant cette nouvelle technique à la chirurgie à ciel ouvert et comportant une analyse économique.

*D’après un entretien avec le Dr Bertrand Lecoq, Saint-Pierre-de-Coutances et CHU Côte de Nacre, Caen.

 Dr CATHERINE FABER

Source : Congrès Hebdo