LE TUMOR NECROSIS FACTOR (TNF) est une cytokine ayant un rôle clé dans la physiopathologie de la polyarthrite rhumatoïde (PR). Le traitement par l’étanercept, un anti-TNF (Enbrel), en association au méthotrexate, est donc indiqué pour le traitement de la polyarthrite rhumatoïde modérément à sévèrement active de l’adulte en cas de réponse inadéquate aux traitements de fond, y compris le méthotrexate, sauf en cas de contre-indication. Il peut être donné en monothérapie en cas d’intolérance au méthotrexate ou lorsque la poursuite du traitement avec le méthotrexate est inadaptée. Il est également indiqué dans le traitement de la polyarthrite rhumatoïde sévère, active et évolutive de l’adulte non précédemment traitée par le méthotrexate.
EN 2007, l’EULAR a publié des recommandations préconisant la prise en charge des arthrites au stade précoce afin d’instaurer le plus rapidement possible un traitement de fond et de l’adapter ensuite régulièrement avec l’objectif d’atteindre la rémission. Une approche européenne et nord-américaine a permis d’élaborer de nouveaux critères diagnostiques d’une polyarthrite rhumatoïde débutante. Ils seront publiés en 2010. Il devient donc possible de dépister les patients susceptibles de bénéficier d’emblée d’un traitement de fond.
Dans l’étude COMET, qui a porté sur des patients atteints de PR depuis moins de deux ans, une rémission a été obtenue chez 50 % des patients assignés à une bithérapie associant étanercept et méthotrexate (1). Ce taux est très supérieur à celui qui est obtenu dans les études portant sur des PR plus anciennes. Par ailleurs, cette bithérapie a permis d’obtenir deux fois plus de rémissions que dans le groupe assigné au méthotrexate seul. La supériorité de la bithérapie est apparue dès la deuxième semaine de traitement. Enfin, une absence de progression structurale a été constatée sous bithérapie, mais pas sous méthotrexate seul.
Une telle attitude est celle qui est en vigueur depuis les années 2000. Elle a pour finalité l’obtention d’une rémission de la maladie et constitue un pas vers une médecine préventive de la PR, par ailleurs justifiée sur le plan socio-économique, comme l’étude QUEST-RA l’a montré (3). Les formes évoluées de la maladie sont en effet des déterminants essentiels du coût de la perte de productivité (4).
D’après le symposium Anti-TNF : toujours innovants, organisé par les Laboratoires Wyeth dans le cadre du congrès de la SFR, Paris.
Références
(1) Emery P, et coll. Comparison of methotrexate monotherapy with a combination of methotrexate and etanercept in active, early, moderate to severe rheumatoid arthritis (COMET) : a randomised, double-blind, parallel treatment trial. Lancet 2008 ; 372 (9636) : 375-82.
(2) Goekoop-Ruiterman YP, et coll. Clinical and radiographic outcomes of four different treatment strategies in patients with early rheumatoid arthritis (the BeSt study): a randomized controlled trial. Arthritis Rheum 2005 ; 52 : 3381-90.
(3) Sokka T, et coll. ; QUEST-RA Group. QUEST-RA: quantitative clinical assessment of patients with rheumatoid arthritis seen in standard rheumatology care in 15 countries. Ann Rheum Dis 2007 ; 66 (11) : 1491-6.
(4) Kobelt G, et coll. Disease status, costs and quality of life of patients with rheumatoid arthritis in France: the ECO-PR Study. Joint Bone Spine 2008 ; 75 (4) : 408-15.
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