TOUTES DEUX appartenant aux rhumatismes inflammatoires chroniques, la polyarthrite rhumatoïde (PR) et les spondylarthropathies (SP) - dont la spondylarthrite ankylosante (SA) est la forme la plus fréquente - ont des similitudes mais aussi des divergences. Les données portant sur la PR sont plus riches que celles disponibles sur la SA. Dès lors peut-on appliquer les principes de la prise en charge de la première à la seconde ?
« Les différents essais randomisés ont montré le bénéfice des anti-TNF dans les PR évoluant depuis moins de 3 ans voire moins de 2 ans, a rappelé le Pr Pascal Claudepierre (Rouen) . Il est également possible de comparer a posteriori , dans des études déjà publiées, l’efficacité du traitement chez les patients avec une PR récente et ceux avec une PR ancienne ». Dans l'étude TEMPO (1), à trois ans, le pourcentage de patients en rémission (DAS28 < 2,6) sous bithérapie (étanercept + méthotrexate MTX) n'était pas différent dans le sous-groupe PR récente (< 3 ans) et le sous-groupe PR ancienne (6 à 7 ans d’évolution) ; Il n’y a pas eu de progression structurale chez 90 % des patients. Il n'y avait pas non plus de différence de progression entre les deux sous-groupes dans le bras MTX seul. En revanche, l'administration d'étanercept en monothérapie donnait de meilleurs résultats chez les patients avec une PR récente que chez ceux avec une maladie plus ancienne.
Le groupe bithérapie.
De même l’étude COMET (2), portant sur des PR de moins de 2 ans, a montré 50 % de rémissions dans le groupe bithérapie (étanercept + MTX). « Un taux bien supérieur à celui obtenu dans les études portant sur des PR plus anciennes » a souligné le Pr Claudepierre. La bithérapie permettait deux fois plus de rémissions que le MTX seul. Enfin et surtout, la supériorité de la bithérapie était très précoce, visible dès la 2e semaine de traitement. Ce travail confirme une absence de progression structurale sous bithérapie mais pas sous MTX seul.
« On n’a pas de démonstration formelle de l’intérêt du traitement anti-TNF précoce dans les SA, a souligné le Pr Claudepierre , mais, on peut tirer des enseignements de l'analyse des facteurs prédictifs de réponses à un anti-TNF dans les études cliniques disponibles ». Un essai randomisé avec étanercept a montré que la réponse thérapeutique à 6 mois était positivement corrélée à l’activité clinique de la maladie, à la douleur axiale, et négativement corrélée à l’indice fonctionnel (3).
« L’intérêt du contrôle très précoce de la maladie par un traitement anti-TNF est clairement prouvé dans la PR ; cette stratégie augmente la probabilité et la durée des rémissions. Dans la SA, les données restent plus fragiles. Il semble que le traitement anti-TNF précoce ait un bénéfice à court terme ; mais son impact fonctionnel et structural à long terme doit être précisé » a conclu le Pr Claudepierre.
Symposium parrainé par les Laboratoires Wyeth.
(1) D. Van der Heijde et al. Arthritis Rheum 2007 ; 56 : 3928-39
(2) P. Emery et al. Lancet 2008 ; 372 : 375-82
(3) J.C. Davis Jr. et al. J. Rheumatol 2005 ; 32 : 1751-4
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