LORSQUE L’ÉVOLUTION clinique d’une prothèse articulaire laisse à désirer, il n’est pas toujours facile pour le clinicien d’en déterminer la raison. Les radiographies peuvent s’avérer totalement négatives, c’est-à-dire ne montrer aucun liseré de séparation entre l’implant et le squelette récepteur, image caractéristique du descellement. Les outils d’analyse tridimensionnelle, plutôt utiles dans ce type de situation, sont perturbés dans leur rendu d’image en raison de la dispersion des rayons par les implants métalliques aussi bien dans le plan de coupe que dans les plans de voisinage. Le scanner, considérablement amélioré ces dernières années, était parvenu à compenser honorablement cette altération de qualité d’image sans toutefois parvenir à une analyse fine de l’interface implant-squelette mais en autorisant néanmoins une évaluation du positionnement des pièces prothétiques.
Pour l’IRM cela paraissait encore moins du domaine du possible alors que cet examen, en l’absence d’élément métallique, est le meilleur moyen pour détecter un appauvrissement osseux localisé ou une synovite débutante. Il importait donc de surmonter ou d’éliminer les artefacts liés à l’implant, générateurs de sévères distorsions de l’image. Deux industriels de l’imagerie, l’un allemand l’autre nord-américain, ont lancé un grand effort de recherche pour surmonter les obstacles d’une analyse fine d’imagerie au voisinage des prothèses. L’acquisition des images IRM dans ces contextes métalliques a fini par faire une percée sans précédent. L’avantage de l’IRM, autant que sa vulnérabilité, est le fait que la capture d’image est la résultante d’une multitude de paramètres : temps d’écho, degré de résolution spatiale, temps de récupération, bande de fréquence utilisée, dimension et orientation des coupes… Un peu comme en musique, le répertoire des « mélodies » que l’on peut inventer, sur la base de ces paramètres, est quasiment infini.
Un protocole intitulé MAVRIC (multi acquisition de combinaison d’images de résonance variable) a fini par émerger et fournit des images d’IRM à proximité des prothèses articulaires, surpassant les meilleures images de scanner.
Sur une prothèse de hanche par exemple, on parvient aussi bien à analyser une ostéolyse péri-acétabulaire qu’une tendinite conflictuelle. Au niveau du genou, des zones d’ostéolyse insoupçonnées peuvent être détectées. Enfin au niveau d’une prothèse d’épaule, on parvient à analyser l’état de la coiffe, ce qui paraissait impossible il y a encore quelques années.
Au total : l’IRM est à présent utilisable après prothèse articulaire, à condition de disposer des programmes permettant l’élimination des distorsions et à condition de disposer des ressources humaines en mesure d’exploiter de tels programme. Un nouveau chapitre de sémiologie d’imagerie est en passe d’être écrit.
San Francisco au 79e Congrès de l’American Academy of Orthopaedic Surgeons. D’après une communication du Dr H.Potter et coll (H.S.S. New York).
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