Dans la polyarthrite rhumatoïde (PR), les données présentées confirment l’intérêt des nouvelles molécules inhibitrices des janus kinases (anti-JAK). « Le retour d’expérience des Américains avec le tofacitinib, un anti-JAK 1 et 3 disponible aux États-Unis depuis plusieurs années, est très positif, indique le Pr Vincent Goëb (CHU Amiens). En France, à défaut du tofacitinib qui n’a pas encore eu d’AMM, nous espérons disposer dans un avenir proche du baricitinib, une autre molécule de cette classe aux cibles légèrement différentes (anti-JAK 1 et 2) dont on attend beaucoup, notamment par sa galénique (per os) et son efficacité, peut-être supérieure aux anti-TNF par exemple ».
Un biosimilaire efficace
Une étude norvégienne s’est penchée sur une question pratique, dans un contexte de réduction des coûts de santé, en comparant l’efficacité de l’infliximab princeps (Remicade) et d’un de ses biosimilaires, le Remsima, chez des patients souffrant de PR, de spondyloarthrite (SpA), de rectocolite hémorragique (RCH) ou de maladie de Crohn et déjà traités par Remicade puis randomisés dans l’un ou l’autre groupe de traitement. Dans les atteintes rhumatismales, l’efficacité du biosimilaire n’était pas inférieure à celle du produit princeps. « Un résultat important car on ne dispose que de peu de données sur les biosimilaires, indique Vincent Goëb. Mais il y a en revanche un petit signal dans la maladie de Crohn, avec un résultat toutefois non significatif pour l’aggravation de la maladie digestive après la substitution thérapeutique (1) ».
Un autre résultat intéressant, bien que négatif, concerne l’essai EXXELERATE, une des rares études face-face ayant comparé deux anti-TNF, administrés en association au méthotrexate : le certolizumab et l’adalimumab (2). Au terme de deux ans de suivi, le certolizumab ne s’est pas montré supérieur à l’adalimumab, et cet essai n’apporte donc pas d’élément supplémentaire pour faire le choix entre les 5 anti-TNF actuellement disponibles.
Des molécules innovantes
Plusieurs études ont porté sur les nouvelles molécules en développement dans le rhumatisme psoriasique, pour lequel l’arsenal thérapeutique longtemps limité aux anti-TNF s’élargit depuis peu. L’ixekizumab, un anticorps monoclonal ciblant spécifiquement l’IL-17, a fait la preuve de son efficacité à la fois sur les lésions articulaires et sur les lésions cutanées, dans un essai randomisé ayant inclus plus de 380 patients suivis pendant 24 semaines (3). Des résultats comparables ont été rapportés avec le guzelkumab, un anti IL-23 (4), dans un essai de phase 2a randomisé en double aveugle sur 149 patients, et avec le tofacitinib, qui est également prometteur dans le rhumatisme psoriasique, selon deux autres études (5,6). L’arrivée possible à moyen terme de ces trois molécules innovantes devrait faciliter la prise en charge des patients.
Une autre étude de phase 2, avec analyse des lésions inflammatoires à l’IRM avant et après 3 mois de traitement par tofacitinib chez 164 patients avec SA, souligne l’efficacité de l’anti-JAK 1 et 3 sur ces lésions chez des patients souffrant de SA (7).
Toujours dans le cadre de la SA, un travail portant sur une cohorte de plus de 500 patients met en lumière l’intérêt de l’association anti-inflammatoires non stéroïdiens-anti-TNF, qui aurait un effet synergique sur la réduction de la progression du dommage structural. « Ces données sont bien sûr à pondérer avec les risques liés à l’utilisation au long cours des AINS », précise le Pr Goëb.
Épargne cortisonique
Les vascularites, en particulier la maladie de Horton étaient aussi à l’honneur. Le tocilizumab a confirmé son efficacité, qui permet une épargne cortisonique importante, dans un vaste essai multicentrique ayant inclus 251 patients (8).
Un essai plus réduit portant sur 25 patients, a de son côté montré qu’un traitement par ustekinumab permettait de réduire la dose de corticoïdes reçus, sans rechute sous traitement (9).
Enfin, les données à 60 mois de l’essai MAINRITSAN du Groupe français d’étude des vascularites confirment la supériorité du rituximab sur l’azathioprine pour maintenir la rémission chez les patients atteints de vascularites systémiques associées aux ANCA, après la phase d’induction du traitement (10).
D’après un entretien avec le Pr Vincent Goëb, CHU, Amiens
(1) L vik Goll Guro et al. Abs 19L
(2) Fleischmann Roy et al. Abs 602
(3) Mease Philip J et al. Abs 977
(4) Deodhar Atul A et al. Abs 4L
(5) Mease PJ et al. Abs 2983
(6) Gladman Dafna D et al. Abs 10L
(7) Maksymowych Walter et al. Abs 1044
(8) Stone John H et al. Abstr. 911
(9) Conway Richard et al. Abs 876
(10)Terrier Benjamin et al. Abs 1955
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