UTILISE DANS le traitement de l’arthrose depuis de nombreuses années, l’acide hyaluronique est disponible sous plusieurs formes qui se différencient essentiellement par leur origine, ou biothechnologique, et leur poids moléculaire. Sinovial, commercialisé par les laboratoires Genévrier, contient 0,8 % d’acide hyaluronique sel sodique, hautement purifié, obtenu par fermentation et non modifié chimiquement. Son poids moléculaire est compris entre 800 et 1 200 kDalton.
Plusieurs études cliniques ont démontré l’efficacité clinique de Sinovial, mais il n’avait jusqu’à présent jamais été comparé de façon directe à un acide hyaluronique de référence dans le traitement de la gonarthrose. C’est désormais chose fait grâce à l’essai contrôlé randomisé en double aveugle présenté par le Pr Karel Pavelka (Prague). Cette étude de non-infériorité a été menée sur une durée de 6 mois, chez des patients des deux sexes, âgés de 40 à 80 ans, ayant une gonarthrose du compartiment fémoro-tibial médian ou latéral depuis au moins trois ans. Tous avaient un score de douleur WOMAC moyen compris entre 40 et 80 sur une échelle visuelle analogique de 100 mm après une période de washout de 10 jours sans anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) ni antalgiques. Au total, 406 patients ont été recrutés, 381 ont été répartis de façon aléatoire afin de recevoir trois injections intra-articulaires (0, 1 et 2 mois), soit de Sinovial (n = 192), soit d’hylane G-F20 (Synvisc) (n = 189). Au total, 183 patients ont pu être analysés dans le groupe Sinovial et 171 dans le groupe comparateur.
Le score de douleur WOMAC, critère de jugement principal de l’étude, est passé de 55,7 avant le traitement dans les deux groupes à 22,1 dans le groupe Sinovial et 21,2 dans le groupe comparateur au sixième mois. Ces baisses de, respectivement, 33,5 et 34,5 points, ne différaient pas de façon statistiquement significative. La douleur globale et la consommation de paracétamol à la demande, qui faisaient partie des critères secondaires, n’ont pas non plus différé de façon significative entre les deux groupes, de même que la satisfaction globale, les effets indésirables et la tolérance locale. L’indice algo-fonctionnel de Lequesne, qui était de 11,5 dans les deux groupes au début de l’étude, atteignait à 7,8 dans le groupe Synvisc et 7,5 dans le groupe Sinovial lors de la dernière évaluation.
Ainsi, pour le Pr Pavelka, « cette étude, en démontrant l’absence de différence significative entre les deux groupes sur le critère principal, établit la non-infériorité de Sinovial sur un acide hyaluronique de référence ».
D’après la communication du Pr Karel Pavelka (Prague), lors d’un symposium organisé par le laboratoire Genévrier.
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