En préambule aux réponses à donner aux patients, la SFR, dans son document mis en ligne le 20 mars dernier sur son site internet, rappelle que les données de la littérature font défaut (1). Mais selon l’expérience acquise dans les autres infections respiratoires, les patients avec une immunodépression secondaire à un traitement immunosuppresseur, une biothérapie et/ou un traitement par corticoïdes à dose immunosuppressive, sont considérés à risque d’infection Covid-19 selon le Haut Conseil de Santé Publique cité par la SFR.
Deux contextes sont distingués
En l’absence de signes d’infection, il est recommandé de poursuivre le traitement du rhumatisme inflammatoire (traitements de fond biologiques ou non, corticoïdes). L’arrêt du traitement peut en effet être à l’origine d’une rechute, facteur de fragilisation face à l’infection. En outre, l’arrêt brutal des corticoïdes expose à un risque d’insuffisance surrénalienne aiguë et est à proscrire. Les experts recommandent par ailleurs de remplacer, dans la mesure du possible, la prise d’anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) par du paracétamol.
Si le patient présente des signes d’infection Covid-19, tels que fièvre, toux, essoufflement ou douleurs musculaires, il est alors conseillé de suspendre le traitement de fond, sauf les corticoïdes et l’hydroxychloroquine. Les AINS doivent être proscrits. Les experts rappellent que le traitement d’une fièvre mal tolérée ou de douleurs dans le cadre de l’infection Covid-19, comme pour toute autre virose respiratoire, repose sur le paracétamol, à la posologie maximale de 3 g par jour. Il est également conseillé aux patients de contacter leur médecin traitant ou leur rhumatologue pour décider de la suite de la prise en charge, notamment de la poursuite éventuelle de certains traitements des rhumatismes inflammatoires. Et bien sûr, il leur est recommandé d’accroître les mesures barrière, de porter un masque et d’éviter les contacts directs avec les proches.
Pour tous les patients, les mesures de distanciation sociale sont à rappeler :
- éviction des déplacements et rassemblements, des contacts physiques (poignées de mains, embrassades…) ;
- lavage fréquent des mains à l’eau et au savon ou avec une solution hydroalcoolique ;
- surveillance de la température.
Tous les patients doivent restreindre de façon drastique leurs interactions sociales et reporter les soins non urgents pour éviter les sorties et les salles d’attente. Ces recommandations sont susceptibles d’évoluer avec l’accumulation des nouvelles données scientifiques, qui aujourd’hui font défaut.
Une fiche pour participer au recueil des données
C’est d’ailleurs pour améliorer les connaissances sur les conséquences de l’infection Covid-19 chez les patients atteints de rhumatisme inflammatoire chronique qu’une cohorte vient d’être mise en place par l’INSERM, au travers du consortium REACTing (REsearch and ACTion targeting emerging infectious diseases). La French COVID-19 cohort vise à recenser les cas d’infections Covid-19 chez des patients hospitalisés dans les structures dotées d’un centre d’investigation clinique (CIC) ou d’une unité de recherche clinique (URC).
Pour colliger les données sur les autres patients atteints de maladies auto-immunes ou auto-inflammatoires et hospitalisés dans des structures dépourvues de moyen de recherche clinique ou suivis en ambulatoire pour une infection Covid-19, la FAI2R, le CRI, la SNFMI, la SOFREMIP et la SFR (2) ont mis au point une fiche de recueil d’informations. Une fois complétée, la fiche doit être envoyée par courrier à l’adresse sécurisée : covid19.fai2r@chru-lille.fr. D’un point de vue légal, une simple non-opposition au recueil des données est nécessaire.
Les informations ainsi collectées seront analysées au fil de l’eau, dans le but d’informer rapidement la communauté médicale sur d’éventuelles alertes ou à l’inverse sur des données rassurantes.
(1) https://sfr.larhumatologie.fr/actualites/reponse-donner-aux-patients-qu…
(2) Filière de santé des maladies auto-immunes et auto-inflammatoires rares (FAI2R), Club rhumatismes et inflammations (CRI), Société nationale française de médecine interne (SNFMI), Société francophone pour la rhumatologie et les maladies inflammatoires en pédiatrie (SOFREMIP) et Société française de rhumatologie (SFR).
CCAM technique : des trous dans la raquette des revalorisations
Dr Patrick Gasser (Avenir Spé) : « Mon but n’est pas de m’opposer à mes collègues médecins généralistes »
Congrès de la SNFMI 2024 : la médecine interne à la loupe
La nouvelle convention médicale publiée au Journal officiel, le G à 30 euros le 22 décembre 2024