Les troubles musculo-squelettiques (TMS) recouvrent aussi bien la fatigue posturale qu’une affection caractérisée. La fatigue posturale est réversible dès que l’exposition aux facteurs de risque cesse. Les affections caractérisées témoignent de l’existence d’une lésion, qui nécessite obligatoirement une thérapeutique spécifique et une démarche préventive en amont, pour éviter la reproduction lésionnelle ou la propagation des troubles aux autres salariés éventuellement exposés.
Une longue liste.
Une conférence de consensus regroupant différents spécialistes européens (rapport Saltsa) a proposé, en 2000, une liste des maladies qui peuvent être considérées comme des TMS du membre supérieur (TMS-MS) :
– les cervicalgies avec douleurs à distance ;
– le syndrome de la coiffe des rotateurs ;
– les épicondylalgies latérale et médiale ;
– la compression du nerf ulnaire dans la gouttière épitrochléo-olécrânienne ;
– la compression du nerf radial dans l’arcade de Frohse (ou tunnel radial) ;
– les tendinites d’extenseurs de la main et des doigts ;
– les tendinites des fléchisseurs de la main et des doigts ;
– la ténosynovite de de Quervain ;
– le syndrome du canal carpien ;
– le syndrome de Raynaud et les neuropathies périphériques (induits par les vibrations) ;
– les arthroses du coude, du poignet et des doigts ;
– les TMS non spécifiques (syndrome général de TMS-MS sans localisation anatomique précise).
Trois quarts des maladies professionnelles.
En France, la plupart des TMS-MS sont reconnus au titre du tableau 57 des maladies professionnelles (MP) du régime général des travailleurs ou du tableau 39 des MP du régime des salariés agricoles.
En 2009, 38 277 cas de TMS ont été indemnisés au titre du tableau 57, soit plus des trois quarts des maladies professionnelles recensées par la CNAMTS.
La France n’est pas le seul pays concerné par le problème des TMS-MS. Ce sont, en effet, les pathologies professionnelles les plus fréquentes au niveau européen. D’après une enquête européenne sur les conditions de travail (2010), 62 % des travailleurs effectuent des gestes répétitifs du membre supérieur.
Si tous les salariés sont potentiellement concernés par les TMS-MS, la prévalence augmente avec l’âge et l’ancienneté et elle est plus élevée chez la femme.
En France, la grande majorité des TMS-MS provient du secteur secondaire, le tertiaire semblant épargné (selon une enquête de la CNAMTS, moins de 5 % des TMS-MS seraient liés à l’informatique).
Une démarche de prévention opiniâtre.
Les principes d’une démarche de prévention sont facilement disponibles et font l’objet d’un large consensus scientifique. On distingue deux phases : une phase de dépistage et, si nécessaire, une phase d’intervention. Le thérapeute n’est pas directement associé à cette démarche, qui incombe essentiellement à un intervenant d’un organisme spécialisé et au médecin du travail.
La phase de dépistage inclut l’utilisation d’une check-list qui prend en compte les facteurs de risque connus, l’organisation du travail et un entretien avec le médecin du travail. La phase d’intervention est décidée par les acteurs de prévention. Cette démarche ergonomique est organisée en quatre étapes, dans l’objectif de structurer l’intervention : mobiliser, investiguer, maîtriser et évaluer.
Au total, la prévention a pour objectif de modifier la situation de travail. Elle repose sur trois axes :
– réduction des sollicitations professionnelles (modification des outils, aménagement du poste de travail, organisation de la production) ;
– information et formation des salariés de l’entreprise par le médecin du travail ;
– entretien des capacités fonctionnelles de l’opérateur par la pratique d’une activité physique et/ou sportive.
Les principes sont clairs, précis… apparemment, la réalité est toute autre.
D’après la conférence d’enseignement du Dr Patrick Houvet (Paris).
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