L’INCONTINENCE URINAIRE peut être en rapport avec une vessie distendue, une entité clinique mise en évidence par l’analyse de la base de données du réseau Périnice *, dans le Nord Pas-de-Calais, qui a pour objet la prise en charge transversale des troubles de la statique pelvienne et de l´incontinence urinaire et/ou anale et l´éducation des patients.
La vessie distendue apparaît comme une cause très fréquente d’incontinence urinaire. Elle est secondaire à une hydratation excessive associée à une fréquence mictionnelle insuffisante. Sur le plan physiopathologique, la distension vésicale s’explique par de mauvaises habitudes. Se retenir d’uriner conduit à un écart inter-mictionnel élevé. Si les apports hydriques quotidiens sont trop importants, la vessie se distend progressivement. Le besoin d’uriner devient tardif, ce qui aggrave la distension. La survenue de cystites récidivantes conduit à un accroissement des boissons, ce qui aggrave la distension. Ces éléments, conjoints à l’érosion sphinctérienne au fil des ans, induisent une hyperpression abdominale et une vessie trop pleine. Une urgenturie, qui est un besoin soudain, impérieux et fréquemment irrépressible d’uriner, conformément à la définition de l’International Continence Society, survient dans 42,9 % des cas.
Le diagnostic de vessie distendue, évoqué par l’histoire clinique, est confirmé par l’analyse du calendrier mictionnel et un bilan uro-dynamique. Celui-ci met en évidence une hypercompliance de la vessie et une dysurie par diminution du débit urinaire, en raison d’une hypocontractilité vésicale.
Une femme sur cinq en France.
L’incontinence touche une femme sur cinq en France, chiffre considérable. De façon schématique, on peut décrire deux « types » de population en fonction de l’âge et de l’altération de la fréquence.
Chez la femme jeune, active, dynamique, la gêne est occasionnée par une fuite urinaire modérée lors de ses activités sportives. L’examen clinique est le plus souvent normal. Aucun trouble statique n’est mis en évidence. C’est dans ce cas qu’il faut rechercher des apports hydriques trop importants, souvent retrouvés chez des femmes qui veulent rester minces et qui pensent que des apports hydriques importants font maigrir. Parallèlement, chez ces femmes, les mictions sont trop rares.
Chez la femme plus âgée, le handicap est souvent modéré. Parfois, ces femmes considèrent l’incontinence comme une sorte de « fatalité féminine ». Toutefois, la majoration des troubles lors de la ménopause induit souvent une consultation. Chez d’autres femmes, chez lesquelles l’incontinence est importante, celle-ci devient « tolérée ». Chez les dernières, enfin, la consultation est motivée « parce que le prolapsus responsable crée une pesanteur difficilement supportable ».
Chez la femme d’âge moyen, le bilan doit rechercher un prolapsus associé et une hypocontinence ou une incontinence anale. Il convient également d’évaluer le retentissement fonctionnel de la gêne, pour proposer un traitement adapté à l’altération de la fréquence.
Mais avant toute décision, il faut vérifier ce que boivent ces patientes et leur rythme mictionnel. Il faut également s’assurer de leur apport hydrique total quotidien, en leur rappelant qu’il n’a pas besoin de dépasser un litre et demi, toutes boissons comprises. Afin d’éviter la distension urinaire et la perte de la continence, il est nécessaire d’expliquer aux patientes qu’il convient d’uriner toutes les deux heures. Ces mesures simples permettent ainsi de guérir 35 % des femmes adhérant au réseau et d’en améliorer 30 %.
La rééducation périnéale.
De façon schématique, la rééducation périnéale guérit un tiers des femmes, en améliore un autre tiers et est un échec dans le tiers restant.
La rééducation est indiquée en première intention face à une incontinence urinaire d’effort, sauf si elle est massive ou s’il existe un prolapsus extériorisé associé.
Mais lorsque la rééducation est effectuée alors que la vessie est distendue, elle peut rester peu efficace, alors qu’elle peut permettre de guérir l’incontinence urinaire d’effort résiduelle si elle est effectuée après rétraction vésicale.
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