Un rapport au congrès français d’urologie

Les douleurs pelvipérinéales centre d’intérêt croissant des urologues

Publié le 23/11/2010
Article réservé aux abonnés

UN DES POINTS FORTS de la 104e édition du congrès de l’Association Française d’urologie (AFU), est le rapport rédigé en vue de ce Congrès, intitulé « Douleurs pelvipérinéales chroniques en urologie : mieux comprendre pour mieux traiter »*. Ce rapport a pour origine une constatation : elles représentent une part croissante de l’activité urologique avec plusieurs milliers de nouveaux cas par an. Ces douleurs se caractérisent par leur chronicité (plus de 6 mois) avec une absence de pathologie d’organes, par peu d’anomalies aux examens complémentaires, par leur topographie (pelvis, périnée). Ces douleurs sont « déroutantes », « désespérantes » du fait de l’importante dissociation entre l’ampleur de la plainte et l’absence de facteurs lésionnels.

Le rapport souligne l’absence de données sur le sujet et met l’accent sur un concept plus global, celui de « douleurs fonctionnelles ». Elles témoignent d’un dysfonctionnement de la régulation des messages douloureux du pelvis et du périnée à la suite d’un élément déclenchant (infectieux, traumatique), sur un terrain favorable (fibromyalgie, migraine, anxiété, antécédents chirurgicaux…). Elles nécessitent une prise en charge multidisciplinaire. La démarche clinique doit donc être globale et prendre en compte tous les aspects de la douleur y compris ses composantes fonctionnelles et émotionnelles. Pour les urologues ce rapport fournit une « analyse critique des données disponibles sur le sujet » et sur les approches thérapeutiques.

Autre point fort développé lors de ce congrès : la maîtrise des bactéries multirésistantes. Cette antibiorésistance est actuellement une priorité de santé publique qui nécessite des actions concertées tant en médecine de ville que dans les établissements de santé. La prévention de la transmission croisée et un usage rationnel des antibiotiques en sont les composants essentiels.

Également développées : les nouvelles stratégies thérapeutiques des cancers de la prostate métastatiques et de ceux résistant à la castration. Dans ce dernier cas, illustré par une ascension biologique du PSA après une période de stabilisation (sous agonistes de LH-RH ou après pulpectomie), la connaissance de la biologie tumorale a mis en évidence l’implication de nouvelles cibles thérapeutiques, tel le récepteur aux androgènes. Des estrogènes aux nouveaux anti androgènes, les traitements disponibles ou en voie de développement sont multiples. On peut citer les inhibiteurs de l’endothéline A (des peptides vasoconstricteurs impliqués dans la carcinogénèse), le MDV3100 ou le RD162 (des « super anti-androgènes), l’abiratérone agissant sur la production des androgènes d’origine surrénalienne…

Thérapeutiques du cancer du rein.

Enfin, parmi les points majeurs abordés, on remarque les nouvelles approches thérapeutiques du cancer du rein, en augmentation régulière avec 8 000 nouveaux cas par an. Ce cancer est diagnostiqué par échographie, scanner, IRM, parfois fortuitement au cours de ces examens. La chirurgie partielle tend à remplacer la néphrectomie totale. Elle préserve le capital néphronique et améliore la survie. Elle peut se faire par voie ouverte quand la tumeur dépasse 7 cm. Le développement de techniques percutanées (radiofréquence, cryothérapie) ouvre des voies nouvelles pour l’ablation des tumeurs de moins de 4 cm. La radiofréquence entraîne la brûlure et la nécrose du tissu anormal, mais cette technique ne peut être utilisée que si la lésion à détruire est éloignée des cavités rénales et des vaisseaux. La cryothérapie, une technique développée depuis 5 ans, pratiquée par seulement 5 équipes en France, permet de détruire des lésions de 50 mm de diamètre et n’a pas les contre indications de la radiofréquence. Se pratiquant sous contrôle scanner ou IRM, elle nécessite une courte anesthésie et permet la sortie le lendemain de l’intervention.

*Rapport AFU 2010 auteurs : J Rigaud, D.Delavierre, L. Sibert, et J.J Labat.

 Dr MARTINE DURON-ALIROL

Source : Le Quotidien du Médecin: 8861