L’IMPLANTATION d’un sphincter urinaire artificiel (SUA) constitue le traitement de choix de l’incontinence urinaire sévère chez l’homme. Les limites du seul modèle de SUA, l’AMS 800, ont conduit à développer un nouveau modèle de SUA, qui comprend la même manchette associée à une motorisation et une pressurisation en monobloc, fondées sur le concept de télémétrie. Un prototype, qui détecte tous les mouvements à l’exception de la torsion de l’abdomen, a été validé sur un modèle animal et chez des volontaires sains, indique le Pr Emmanuel Chartier-Kastler (Groupe hospitalier Pitié-Salpêtrière, Paris). L’évaluation clinique représente la prochaine étape.
Chez la femme.
L’implantation de ce même SAU est également réalisée chez des femmes ayant une incontinence urinaire d’effort de type III en échec des techniques de soutènement. Ses bénéfices à long terme ont été évalués sur une série de 376 implantations (chez 344 patientes). Le SAU a dû être explanté dans 48 cas pour complications infectieuses, et ce dans la moitié des cas au cours des premières années, avant 1999, année marquée par des progrès notables dans la technique chirurgicale. Le taux d’infection-érosions, de 16 % avant 1999 est ensuite passé à 7,9 % et le taux de survie du SUA est de 88,6 % à 5 ans et de 68,7 % à 10 ans.
Toujours chez la femme, l’expérience montre que dans certains cas, le recours à une grande manchette (plus de 8 cm au lieu de 6 à 7 cm habituellement) est parfois nécessaire, avec un impact sur les résultats à long terme mal connu. Une étude monocentrique menée dans le service de la Pitié-Salpêtrière rapporte la nécessité d’une grande manchette chez des patientes âgées de 59 ans en moyenne, obèses dans 34 % des cas, et ayant toutes eu antérieurement une chirurgie pour incontinence. Les taux de survie du SUA ont été de 87 % à 5 ans et de 63 % à 10 ans. Bien qu’inférieurs à ceux rapportés dans les grandes séries, ces résultats sont encourageants, mais un suivi à long terme est toutefois nécessaire pour mieux évaluer le risque d’érosion de la manchette.
Les bandelettes sous-urétrales.
La pose de bandelettes sous-urétrales est souvent une approche préférée par les patients, car perçue comme moins complexe que le SUA. Plusieurs types de bandelettes ont été développés ces dernières années et il faut bien sûr les évaluer. Une étude multicentrique prospective sur 116 patients âgés en moyenne de 69 ans a analysé l’efficacité et la tolérance à un an de la prothèse sous-urétrale bulbaire TOMS dans le traitement de l’incontinence urinaire post-prostatectomie. À un an, le taux de patients secs sans garniture a été de 69 %, avec une amélioration de la qualité de vie, attestée par les scores ICIQ et SF 36. Les bandelettes sous-urétrales Advance ont été évaluées dans une étude sur 62 patients âgés en moyenne de 67 ans et présentant une incontinence urinaire post-prostatectomie majoritairement légère à modérée. Avec un recul moyen de 12 mois, 71 % des patients étaient secs, et ce au prix d’une morbidité minime. Les 7 échecs rapportés, principalement chez les patients les plus sévères et au début de l’expérience, ont pu être traités secondairement par l’implantation d’un SAU sans difficultés techniques particulières.
Étuis péniens.
Dans le domaine des traitements non chirurgicaux, les injections de toxine botulinique A sont réalisées avec succès chez les patients ayant une hyperactivité vésicale neurogène. Ce traitement améliore la qualité de vie, montre une étude sur 42 femmes et hommes présentant une hyperactivité détrusorienne idiopathique.Enfin, une étude prospective multicentrique randomisée souligne la place potentielle du port d’un étui pénien chez des patients porteurs de garnitures, en général en attente d’une chirurgie. Les données recueillies auprès de 58 hommes ayant une insuffisance urinaire stable depuis plus de 6 mois (dans 75 % des cas après prostatectomie) montrent que 69 % ont préféré les étuis péniens à leurs protections habituelles.
Session Incontinence masculine et féminine, présidée par les Drs Pierre Costa (Nîmes) et Marc Géraud (Compiègne).
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