LA GOUTTE, maladie de surcharge liée à une hyperuricémie chronique et qui évolue dans le temps n’est pas une maladie bénigne. À terme et en l’absence de prise en charge adaptée, elle peut évoluer vers des complications sévères : destructions articulaires, lithiases rénales, néphropathie exposant au risque d’insuffisance rénale et complications cardio-vasculaires. La goutte est un facteur de risque cardio-vasculaire indépendant ; l’hyperuricémie, associée aux autres éléments du syndrome métabolique, est souvent le premier symptôme à apparaître ; la goutte multiplie par un facteur 2 à 3 le risque d’infarctus du myocarde, y compris après ajustement des autres facteurs de risque, précise le Pr Thomas Bardin (CHU Lariboisière).
Au plan épidémiologique, les études internationales récentes font état d’une forte augmentation de l’incidence de la goutte dans les pays occidentaux mais aucune n’a impliquée la France, d’où la mise en place, par les Laboratoires Menarini et Ipsen, de l’étude CACTUS destinée à décrire en situation réelle les caractéristiques des patients atteints de goutte selon leur taux d‘uricémie, ainsi que leur prise en charge.
CACTUS est une étude observationnelle nationale, multicentrique et transversale dans laquelle 2 812 patients atteints de goutte ont été inclus de façon consécutive par 857 médecins généralistes et 92 rhumatologues de fin octobre 2010 à la mi-mai 2011 et dont les caractéristiques (données démographiques, antécédents personnels et familiaux, comorbidités, histoire de la maladie, données cliniques et biologiques, prise en charge antérieure et actuelle de la goutte) ont été analysées.
Les premiers résultats.
L’analyse des données recueillies montre que 23 % des patients inclus (80 % d’hommes d’âge moyen 64 ans) ont des antécédents familiaux de goutte, que 65 % sont hypertendus, 58 % ont une dyslipidémie, 47 % sont en surpoids ou obèses (IMC ≥ 30kg/m2), 22 % ont un diabète de type 2, 10 % une pathologie cardiovasculaire ischémique, 7 % une insuffisance cardiaque congestive et 9 % une insuffisance rénale chronique.
Concernant les facteurs de risque de goutte directement liés au mode de vie, la consommation d’alcool concernait 47 % d’entre eux, de bière 27 % et de soda non light 11 % .
Le diagnostic initial de goutte a été porté 9 fois sur 10 à l’occasion d’une crise d’arthrite mono-articulaire. Une hyperuricémie associée au tableau clinique a permis de confirmer le diagnostic dans 96 % des cas. L’uricémie moyenne des patients au moment du diagnostic était d’environ 85 mg/L ; 86 % des patients déjà sous traitement de fond de la goutte à l’inclusion (allopurinol essentiellement) avaient une uricémie moyenne à 73 mg/L.
Seuls 21 % des patients avaient une uricémie inférieure à 60 mg/L, correspondant à l’objectif thérapeutique fixé en 2006 par le groupe d’experts de l’EULAR (European League Against Rheumatism).
Ces données montrent que des efforts en termes d’éducation et d’amélioration de la prise en charge de ces patients doivent encore être développés, conclut le Dr Gilles Errieau (Paris).
Conférence de presse organisée par les Laboratoires Menarini et Ipsen.
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