Prolapsus génital : des recos après l'affaire des implants

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Publié le 17/12/2021
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La Haute Autorité de santé a publié des recommandations sur la prise en charge du prolapsus génital de la femme. Après l'affaire des implants, l'intervention chirurgicale est à réserver aux formes évoluées et/ou handicapantes.
Une rééducation spécifique des muscles du plancher pelvien est proposée en cas de prolapsus modéré.

Une rééducation spécifique des muscles du plancher pelvien est proposée en cas de prolapsus modéré.
Crédit photo : Phanie

Bonnes pratiques, information complète, décision médicale partagée : la Haute Autorité de santé (HAS) publie des recommandations sur le prolapsus génital de la femme. La prise en charge médicale est mise en avant et est à proposer à toutes les femmes dès qu'il y a des symptômes, la chirurgie étant limitée aux cas les plus handicapants.

À la suite de complications après pose d'implant pelvien (infections, douleurs), de nombreux pays ont réévalué ces implants et leur utilisation a été restreinte. En France, l'utilisation des implants par voie basse est suspendue. Depuis le changement de législation en 2019, aucun implant par voie basse n'a reçu un avis favorable de la commission de la HAS. Les implants par voie haute, eux, sont en cours d'évaluation et feront prochainement l'objet d'un avis de la Haute Autorité.

En première intention, le pessaire (anneau de préférence en silicone à introduire dans le vagin) est indiqué « quels que soient l'âge et le stade de sévérité du prolapsus ». Peut lui être associé de la rééducation spécifique des muscles du plancher pelvien en cas de prolapsus modéré. Une œstrogénothérapie locale peut en améliorer la tolérance en cas d'atrophie vaginale.

La HAS liste les facteurs de risque modifiables à corriger : toux chronique, syndrome d'obstruction défécatoire, poussée abdominale lors de la miction, manière de porter les charges, obésité et sédentarité. Les facteurs de risque non modifiables sont, quant à eux, à prendre en compte dans la décision thérapeutique (âge, antécédents gynéco-obstétricaux, statut hormonal, maladie affectant le collagène comme le syndrome d'Ehlers-Danlos, spina bifida…). L'examen clinique doit se faire en position couchée ou gynécologique, avec efforts de poussée et à l'aide d'un hémispéculum, pour évaluer la trophicité vaginale et une éventuelle fuite urinaire à la toux.

Quand la chirurgie devient nécessaire, la HAS recommande la mise en place d'une concertation pluridisciplinaire en cas de prolapsus complexe. Sont à connaître : la place de l'hystérectomie (non systématique, parfois indiquée en cas de prolapsus extériorisé en permanence), la voie vaginale autologue (sans implant, bons résultats mais risque de récidive plus élevé), le colpocléisis (fermeture du vagin irréversible, pour les femmes très âgées et/ou sans activité sexuelle) et la chirurgie par voie haute (promontofixation avec prothèse synthétique). La voie vaginale avec prothèse n'est plus disponible en France à ce jour, hors essais cliniques.

Dr Irène Drogou

Source : Le Quotidien du médecin