LES RECOMMANDATIONS pour la pratique clinique publiées par l’ANAES en 2003 définissent l’incontinence urinaire « par toute fuite involontaire d’urine dont se plaint la patiente ». L’incontinence urinaire d’effort, l’incontinence urinaire par urgenturie et l’incontinence urinaire mixte en sont les formes classiquement les plus fréquentes. Dans le cas de l’incontinence urinaire d’effort, la fuite involontaire d’urine n’est pas précédée d’un besoin d’uriner. Elle survient à l’occasion d’un effort augmentant la pression intra-abdominale. L’impériosité ou urgenturie, conformément à la dénomination actuellement admise, est un besoin soudain, impérieux et fréquemment irrépressible d’uriner. Lorsqu’elle est mixte, l’incontinence urinaire combine les deux types de symptômes. Plus rarement et dans un contexte différent, l’incontinence urinaire s’explique par un regorgement lié à une distension ou rétention vésicale chronique.
Une autre cause, très fréquente.
Mais l’incontinence urinaire peut également être en rapport avec une distension vésicale. Cette cause est très fréquente. Elle est secondaire à une hydratation excessive associée à une fréquence mictionnelle insuffisante. Elle s’explique le plus souvent dans ce cas par le fait que la patiente a pris la mauvaise habitude de se retenir d’uriner. Cela conduit à un écart intermictionnel élevé, associée à des apports hydriques quotidiens trop importants.
Le diagnostic de distension vésicale est donc évoqué par l’histoire clinique. Il est confirmé par l’analyse du calendrier mictionnel et un bilan uro-dynamique. Celui-ci met en évidence une hypercompliance de la vessie et une dysurie par diminution du débit urinaire, en raison d’une hypocontractilité vésicale. Il faut toutefois rappeler l’existence d’autres causes de distension comme le diabète, les neuropathies d’étirement ou les dénervations post-chirurgicales.
Le traitement est fondé sur des mesures simples.
Les recommandations de l’ANAES rappellent que les traitements comportementaux sont recommandés. Il s’agit de l’adaptation des apports liquidiens, de la reprogrammation mictionnelle et de la tenue d’un calendrier mictionnel. La rééducation périnéo-sphinctérienne et l’électrostimulation peuvent être nécessaires. Mais avant toute décision, il faut vérifier ce que boivent ces patientes et leur rythme mictionnel. Il faut également s’assurer de leur apport hydrique total quotidien, en leur rappelant qu’en l’absence d’antécédents urologiques, qu’il n’est pas nécessaire de dépasser un litre et demi, toutes boissons comprises. Afin d’éviter la distension urinaire et la perte de la continence, il est impératif d’expliquer aux patientes qu’il convient d’uriner toutes les deux heures. De telles mesures simples permettent de guérir une femme sur trois qui adhère au réseau et d’en améliorer encore une sur trois.
Bien évidemment, lorsque la rééducation périnéale est effectuée alors que la vessie est distendue, elle peut rester peu efficace, alors qu’elle peut permettre de guérir l’incontinence urinaire d’effort résiduelle si elle est effectuée après rétraction vésicale. Elle permet aussi d’éviter des interventions chirurgicales inutiles.
Tous ces éléments soulignent l’intérêt de la mise en place d’une plateforme pluridisciplinaire de prise en charge, comme le réseau Périnice dans le Nord Pas-de-Calais *. Il a pour objet la prise en charge transversale des troubles de la statique pelvienne et de l´incontinence urinaire et/ou anale et l´éducation des patients.
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