LES PRINCIPALES manifestations du syndrome néphrotique (SN) sont constituées d’une protéinurie associée à une hypoalbuminémie, des œdèmes, une hyperlipidémie (hypercholestérolémie et hypertriglycéridémie) et une lipidurie. Il peut être associé (pour les formes les plus fréquentes) à une néphropathie diabétique, à des lésions glomérulaires minimes (LGM), à une hyalinose segmentaire et focale ou à une néphropathie extramembraneuse. Il peut aussi être secondaire à une infection, à certains cancers, une maladie génétique, certaines maladies immunitaires, une maladie de système (LED), un myélome multiple ou une amyloïdose.
Parmi les maladies glomérulaires, primitives, le SN à LGM est accessible au traitement par corticoïdes, tandis que les réponses sont variables pour les autres atteintes.
Des protéines structurales clefs ont été identifiées au niveau des capillaires glomérulaires, susceptibles de contribuer aux défauts de l’ultrafiltration, mais cela n’explique pas tout le mécanisme physiopathologique du SN.
Hyperproduction par les podocytes.
Lionel Clement, Sumant Singh Chugh et coll. (Birmingham, Alabama) ont découvert sur des modèles animaux de rats, dans certaines formes de SN, une hyperproduction par les podocytes du glomérule d’une glycoprotéine, l’angiopoïétine-like 4 (Angptl4). Cette hyperproduction compromet l’efficacité du filtre glomérulaire et engendre la fuite des protéines sanguines dans les urines. Ils observent que, dans cette maladie, les protéines Angptl4 n’ont pas leur aptitude à lier les quantités suffisantes d’acide sialique (sialylation défectueuse), un carbohydrate qui agit sur les propriétés adhésives des protéines.
L’Angptl4 comme son ARNm subissent une régulation positive à un niveau élevé dans des podocytes des modèles de SN de rats. Les chercheurs constatent la même chose dans des biopsies d’enfants ayant un SN à LGM. Et ils estiment que les mêmes anomalies peuvent exister chez les adultes.
En donnant un précurseur de l’acide sialique (ManNAc) à des rats transgéniques dont les podocytes surproduisent l’Angptl4, la sialylation de l’Angptl4 augmente et, surtout, l’albuminurie réduit de plus de 40 %.
Ces résultats suggèrent que « l’Angptl4 sécrétée joue un rôle clef dans le syndrome néphrotique ». Comment ? Cela n’est pas entièrement clair. Si ce n’est que l’équipe montre que la majorité de la protéine Angptl4 sécrétée n’est pas modifiée de façon adéquate par la glycosylation post-translationnelle. Ce qui produit une modification de la charge de la protéine, qui peut, en retour, modifier la charge nette de la matrice dans les unités de filtration du rein, et conduire à sa dysfonction.
Les auteurs rappellent que l’acide sialique et le précurseur ManNAc sont naturellement présents dans l’organisme et que de ce fait, leur toxicité pourrait être limitée. La toxicité la plus importante que l’on connaît de l’acide sialique a été trouvée sur un modèle murin de maladie musculaire humaine où l’acide sialique donné à très hautes doses provoque des kystes ovariens.
Nature Medicine, 12 décembre 2010.
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