L’inflammation

Une cible du traitement de l’HBP

Publié le 26/11/2010
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L’INFLAMMATION apparaît comme une des hypothèses favorisant le développement et/ou la progression de l’hypertrophie bénigne de la prostate (HBP). Ce facteur devra probablement être pris en compte dans les décisions thérapeutiques et certains traitements médicamenteux à visée anti-inflammatoire pourraient alors être proposés aux patients atteints d’HBP associée à une réaction inflammatoire chronique.

L’HBP constitue la cause la plus fréquente de troubles urinaires du bas appareil chez l’homme de plus de 50 ans. En France, la prévalence de l’HBP chez les hommes de 55 à 70 ans est de 57,5 %. L’HBP est une prolifération anormale mais bénigne de l’ensemble des tissus prostatiques qui provoque une augmentation de volume de la prostate à l’origine d’une compression de l’urètre et d’une obstruction du jet urinaire. L’évolution de l’HBP est lente et progressive, néanmoins du fait des troubles fonctionnels urinaires dont elle est responsable (pollakiurie nocturne, mictions impérieuses…) et du risque de complications (rétention aigue d’urines) elle conduit à une altération de la qualité de vie des patients et de leur entourage. Elle ne dégénère pas en cancer, mais peut coexister dans une même prostate avec un cancer.

Une cible intéressante.

Récemment, des études ont incriminé différents facteurs dans le développement de l’HBP comme les androgènes, l’interaction stroma épithélium, la théorie des cellules souches, les facteurs génétiques, la corrélation avec les troubles de l’érection, le syndrome métabolique et l’inflammation. Tout particulièrement, une réaction inflammatoire chronique est fréquemment observée chez les patients présentant une HBP (étude MTOPS, 2002 ; étude Reduce, 2008 ; étude Mondor). C’est la constatation de cette association entre HBP et inflammation de la prostate qui a permis d’évoquer un lien éventuel entre ces deux évènements. L’inflammation semble une cible intéressante pour limiter la progression de la maladie ; la question se pose de l’intérêt d’une médication visant à diminuer ou prévenir ce symptôme. Plusieurs traitements à visée anti-inflammatoire ont été étudiés avec des résultats encourageants. Cependant, sur le long terme, ces médicaments ne peuvent raisonnablement être prescrits. Un des extraits de plante largement utilisé en France, le Serenoa repens (Permixon), a également démontré des actions anti-inflammatoires chez l’animal et in vitro et pourrait ainsi être proposé aux patients présentant une inflammation prostatique dans le but de prévenir une évolution péjorative. Il n’existe pas pour le moment de moyen simple d’identifier l’inflammation prostatique par une analyse d’urines ou de sang. Cependant, ce paramètre sera probablement à prendre en compte dans les décisions thérapeutiques et reconnaître les patients ayant une inflammation permettrait un traitement ciblé.

Entretiens de Bichat. D’après la communication du Pr A de la Taille lors d’une conférence Pierre Fabre.

 Dr BRIGITTE VALLOIS

Source : Le Quotidien du Médecin: 8864