DEUX CHIRURGIENS du CHU de Lyon, le Pr Philippe Parparel, urologue, et le Pr François Golfier, gynécologue, ont réalisé, pour la première fois, en France, une néphrectomie par voie vaginale. Pour cette première française, les chirurgiens ont opéré une patiente ayant une obésité morbide (117 kg pour 1m60), hypertendue et diabétique. « Nous n’avions pas le choix pour cette patiente, explique le Pr Philippe Paparel, La voie vaginale était la meilleure des solutions dans son cas. La couche graisseuse rendait l’épaisseur de la paroi abdominale vraiment trop importante pour la cicatrisation ». Pour les deux chirurgiens, « si impressionnante soit-elle, l’intervention ne présenterait pas de difficultés techniques inhabituelles. C’est l’association de deux gestes réalisés quotidiennement par les chirurgiens spécialistes : la néphrectomie par cœlioscopie pour l’urologue et l’ablation d’un organe par le vagin pour le gynécologue ». Le chirurgien effectue 4 incisions sur le flanc : deux de 5 mm, une de 10 mm et une autre de 12 mm. Juste de quoi introduire caméra et instruments de dissection pour libérer le rein.
« Tandis qu’au cours d’une cœlioscopie standard, le rein détaché est extrait en fin d’intervention en agrandissant une ouverture cutanée, il l’est ici par voie vaginale. Le gynécologue fait une incision sur le fond du vagin au niveau du cul-de-sac de Douglas, juste derrière le col de l’utérus afin d’introduire dans l’abdomen une sorte d’épuisette. Ce sac d’extraction une fois placé sous contrôle cœlioscopique dans la région périnéale est déployé et le rein malade y est récupéré. Il ne reste plus qu’au gynécologue qu’à fermer le sac et à le tirer vers lui. »
La durée d’intervention est comparable à la cœlioscopie classique qui nécessite 2 heures. « Nous avons mis ici 3 heures 30, mais la dissection était particulièrement difficile en raison des multiples brides et de l’accolement des tissus. » L’évolution est venue donner raison aux chirurgiens. Debout dans les couloirs à J2 postopératoire et avec une EVA entre 0 et 1, la patiente est rentrée à domicile à J3.
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