Le Conseil de l’Europe va suggérer des lignes directrices

Publié le 26/11/2010
Article réservé aux abonnés

ALORS QUE PLUS d’un Européen sur deux meurt à l’hôpital, la question des traitements prodigués dans les derniers moments de la vie reste traitée de manière extrêmement diverse à travers le continent. Sans chercher à fournir des réponses définitives, le Conseil de l’Europe souhaite élaborer des « lignes directrices » pour aider les patients, les familles et les soignants à mieux aborder cet ultime tournant de l’existence.

En France, la loi Leonetti a introduit, en 2005, le principe des « directives anticipées » du patient sur les traitements qui pourraient lui être administrés en fin de vie, et invite les professionnels à s’abstenir de toute « obstination déraisonnable ». Les médecins sont invités à « tenir compte » de ces directives dans leur pratique, mais n’y sont pas tenus, alors qu’elles ont un caractère obligatoire dans plusieurs pays, dont le Royaume-Uni, l’Espagne ou la Belgique. Certains pays, comme l’Allemagne et la Suisse, envisagent de légiférer prochainement sur ce sujet, alors que l’Italie ou le Portugal, entre autres, n’ont aucun projet dans ce domaine.

Dans le cadre de ses travaux sur la bioéthique et les droits des patients, le Conseil de l’Europe organise donc, les 30 novembre et 1er décembre à Strasbourg, un symposium multidisciplinaire sur les processus décisionnels dans les situations de fin de vie, qui abordera de manière pratique des situations comme la limitation et l’arrêt des traitements, le soulagement de la douleur et les soins palliatifs. Les stratégies sont bien sûr très différentes selon que le patient est capable ou non de participer à ces décisions, et qu’il a exprimé précédemment ou non des souhaits dans ce domaine. Réunissant des médecins, des juristes et des chercheurs et éthiciens de tous horizons, il tentera de proposer des pistes et des réflexions communes en matière de procédures et d’attitudes à adopter face à des questions qui concernent tous les médecins, comme tous les individus.

DE NOTRE CORRESPONDANT DENIS DURAND DE BOUSINGEN

Source : Le Quotidien du Médecin: 8864