L’HISTOIRE DU JOUR

Vie restreinte

Publié le 17/10/2011
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Dans les pays anglo-saxons, c’est souvent la justice qui est appelée à avoir droit de vie ou de mort sur un patient hors d’état d’exprimer ses besoins. C’est ainsi qu’un juge britannique a dû se prononcer sur la demande d’une famille qui souhaitait que soient interrompues l’alimentation et l’hydratation artificielles maintenant en vie une patiente de 52 ans en état de conscience minimale.

En 2003, une encéphalite virale a entraîné chez cette femme des lésions cérébrales irréversibles. Selon la famille, elle n’aurait pas voulu vivre dans cet état de dépendance totale. Mais les soignants pensent qu’il faut maintenir les traitements. Le juge leur a donné raison. « Je reconnais que sa vie a des aspects négatifs, mais je trouve aussi qu’elle en a de positifs, a-t-il statué (...) Je tiens compte du témoignage des soignants qui ont une expérience bien plus importante de la vie avec cette patiente ces dernières années que celle des membres de sa famille, dont les visites se sont faites plus rares avec le temps. » Et d’ajouter que la malade « a des expériences positives » et que, « même si sa vie est extrêmement restreinte, elle n’est pas sans plaisirs, bien que petits ».

Faisant ainsi clairement la différence entre l’état végétatif persistant et l’état de conscience minimale (ou état pauci-relationnel), dans lequel la personne a des réactions comportementales minimales – alors même que la distinction entre les deux est parfois difficile à diagnostiquer –, le jugement pourrait établir une jurisprudence en Grande-Bretagne quant à l’arrêt de traitement pour des patients en état de dépendance médicale complète.

Source : BioEdge, « The Guardian ».

RENÉE CARTON

Source : Le Quotidien du Médecin: 9026