Pour un Français sur deux, le système de santé se dégrade. Et alors que 90 % des Français sont concernés par des maux quotidiens (fatigue, maux de tête, articulaires, problèmes de sommeil, troubles digestifs, etc.), 17 % d'entre eux déclarent n'avoir pas consulté de généralistes au cours de l'année en raison de la pénurie médicale ou de leur faible disponibilité. Tels sont les enseignements du premier Bulletin de santé des Français, réalisé auprès de 2 085 personnes par Toluna Harris Interactive, dévoilé ce jeudi par l’association NèreS (ex-Afipa, regroupant 29 laboratoires commercialisant des produits sans ordonnance).
8 % des sondés ont renoncé aux soins
L'étude révèle que, pour obtenir un rendez-vous chez un généraliste, 55 % des personnes sondées ont dû patienter au moins trois jours – des délais encore plus longs pour les Franciliens, en Pays de la Loire et Centre Val de Loire. Et 8 % des Français adultes ont carrément dû renoncer à se soigner (plus de 3,5 millions de personnes), faute de disponibilité de généralistes dans leur territoire. Malgré la désertification médicale, les Français conservent comme premier « réflexe » le recours aux généralistes (27 %) puis aux pharmaciens (25 %) lorsqu'ils sont confrontés aux maux du quotidien. La confiance (50 %), l'habitude (40 %) et la simplicité (29 %) sont les principales raisons invoquées.
Interrogés sur la manière dont ils peuvent devenir acteurs de l’amélioration du système de santé, 28 % d’entre eux pointent la nécessité de « désencombrer les urgences et cabinets médicaux » et 21 % jugent que « la responsabilité personnelle du patient » peut avoir un impact. « On n'est pas dans une déresponsabilisation des citoyens ou la disqualification d'un professionnel par rapport à un autre », commente Jean-Daniel Lévy, directeur délégué d'Harris Interactive.
Délistage
Pour NèreS en tout cas, ces résultats confirment qu'il est désormais urgent de mettre en place « un parcours officinal dans lequel, pour certaines pathologies, il peut y avoir une réponse par des produits », plaide Vincent Cotard, président de NèreS, convaincu du rôle « renforcé » du pharmacien dans le premier recours. « Quand on donne les moyens et outils aux pharmaciens pour prendre en charge les maux du quotidien, les études européennes montrent qu'il y a un gain en temps médical de 2,24 heures de consultation par jour, déclare-t-il. En France, cette économie ne représente que 1,26 heures de consultation par jour ». Le message est clair : miser davantage sur l'automédication et les pharmaciens pourrait libérer du temps médical.
Parmi les évolutions souhaitées par le lobby du secteur, l’inscription systématique des dispensations dans « Mon espace santé ». « Elle permettrait d'assurer une information complète du médecin et de l'équipe soignante qui pourrait avoir accès, avec l'accord du patient, à l'ensemble des médicaments achetés et permettre une meilleure analyse des interactions possibles », plaide NèreS.
Autre proposition récurrente, le « délistage » massif (passage d’une prescription médicale obligatoire à une prescription facultative) de molécules « dédiées à traiter la bobologie ». Selon Vincent Cotard, « il y a une vraie marge de progression et plusieurs dizaines de molécules pourraient être concernées avec des garde-fous », comme les traitements concernant la migraine ou les traitements post VIH.
Santé mentale des jeunes : du mieux pour le repérage mais de nouveaux facteurs de risque
Autisme : la musique serait neuroprotectrice chez les prématurés
Apnée du sommeil de l’enfant : faut-il réélargir les indications de l’adénotonsillectomie ?
Endométriose : le ministère de la Santé annonce une extension de l’Endotest et un projet pilote pour la prévention