CONTRIBUTION - Dans une tribune intitulée « Le vrai bilan d’Agnès Buzyn » publiée dans « Le Journal du Dimanche », deux de nos collègues médecins ont établi un bilan à charge de l’action d’Agnès Buzyn pendant ses années passées au ministère de la Santé et de la Solidarité. Devant tant d’informations erronées, il est apparu de notre devoir de rappeler certaines des très nombreuses initiatives engagées par la ministre dans son plan MaSanté2022.
Dès son arrivée au ministère en 2017, après cinq années de léthargie et de relations basées sur des rapports de force dogmatique, Agnès Buzyn a su tout d’abord renouer un dialogue apaisé avec les professionnels de santé et les entraîner dans des réformes de notre système de santé tout en investissant des sommes importantes dans la mutation opérée. Avec la mise en place de réels parcours de soins, les patients n’ont plus à assumer seuls la coordination des différents professionnels de santé qui se coordonneront grâce aux moyens numériques dont la téléconsultation et la téléexpertise. Dès janvier 2022, le dossier médical personnel numérisé « mon espace santé » sera accessible à tous.
Une offre hospitalière recentrée
Une révision profonde des modes de financement des professionnels et des établissements a été entamée pour sortir de la seule logique du paiement à l’acte et à l’activité (T2A) au profit de rémunérations au forfait, notamment pour certaines pathologies chroniques, auxquelles se sont ajoutées des primes à la qualité. C’est là encore en s’appuyant sur les acteurs de terrain qu’a été introduit l’article 51 au projet de loi de financement de la sécurité sociale 2018 (PLFSS), véritable opportunité pour permettre d’expérimenter de nouvelles organisations en santé reposant sur des modalités de financement inédites dérogeant à de nombreuses règles de financement de droit commun.
L’offre hospitalière a été recentrée sur les services hospitaliers de proximité pour les soins quotidiens (médecine, gériatrie, réadaptation) nécessaires, dans un contexte de vieillissement de la population et d’augmentation des maladies chroniques. Les autres hôpitaux ont vu leur activité s’orienter sur leur mission première : les soins techniques, nécessitant des équipements de pointe adaptés à leurs missions.
La médecine de ville réorganisée
Les soins de proximité se sont organisés de plus en plus au sein de structures d’exercice coordonné comme les maisons ou les centres de santé, dans le cadre de communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS). La création d’assistants médicaux a pour ambition de dégager du temps médical et d’accompagnement aux médecins. Un tel projet ambitieux a nécessité de convaincre nombre d’acteurs qui craignaient une perte de pouvoir, alors que le but était de les rendre à la fois plus autonomes tout en collaborant. La création des infirmières en pratique avancées dont 700 sont déjà en exercice et 3 000 en formation permettra d’assurer des soins au quotidien dans un partage efficace des tâches avec les médecins.
L’objectif national des dépenses d’assurance maladie (Ondam) a été augmenté de 2,5 %. La dette de dix milliards des hôpitaux a été reprise, un plan d’urgence de 750 millions a vu le jour en 2019. Le numerus clausus à l’entrée en faculté de médecine a été supprimé, la complémentaire santé solidaire a aidé dix millions de Français les plus démunis et le reste à charge a baissé jusqu’à peine 6 %, le taux le plus faible au monde, avec une prise en charge à 100 % pour les frais d’optique, de prothèses auditives et de dentisterie.
Prévention et accès aux soins en priorité
D’autres actions ont été lancées dont, en matière de prévention, l’augmentation de 40 % du prix du paquet de cigarettes qui a entraîné une réduction de la consommation. Mais également la création du Service d’accès aux soins (SAS) pour obtenir à toute heure un conseil médical et paramédical ou prendre un rendez-vous avec un médecin généraliste dans les 24 heures. Et en termes de relation avec l’industrie pharmaceutique, le Projet de loi du financement de la Sécurité sociale (PLFSS) 2020 a renforcé la transparence sur les prix des médicaments obligeant les firmes pharmaceutiques à rendre public le montant des investissements publics de recherche et de développement dont elles ont bénéficié pour le développement d’un médicament.
À André Grimaldi et José Sahel, en notre nom personnel, nous disons notre profond désaccord sur les termes et le fond de leur tribune truffée d’erreurs qui n’avaient d’autre but que de salir une ministre qui a profondément transformé l’offre de soins pour que les patients soient mieux pris en charge. Un tel pamphlet vengeur ne les honore pas.
Cette contribution n’a pas été rédigée par un membre de la rédaction du « Quotidien » mais par des intervenants extérieurs. Nous publions régulièrement des textes signés par des médecins, chercheurs, intellectuels ou autres, afin d’alimenter le débat d’idées. Si vous souhaitez vous aussi envoyer une contribution ou un courrier à la rédaction, vous pouvez l’adresser à jean.paillard@lequotidiendumedecin.fr.
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