Bénéfice clinique de la télésurveillance médicale, retours d’expériences
La décision de rembourser la télésurveillance a été prise alors que le rapport final du programme d'expérimentations de télémédecine pour l'amélioration des parcours en santé (ETAPES) est toujours attendu. Expérimentations « articles 51 », retours d’expériences, études, revue internationale conduite par la HAS depuis 2016… Cela suffisait pour le Dr Yann-Maël Le Douarin, conseiller médical télésanté à la DGOS. Par exemple, l'étude allemande "In Time" portant sur les défibrillateurs automatiques implantables (DAI) et ceux avec fonction resynchronisation cardiaque avait constaté à un an, que 18,9 % des patients télésurveillés versus 27,2 % du groupe témoin présentaient une aggravation d’un score composite. « Nous avons montré une réduction des chocs électriques, notamment non appropriés », indique pour sa part la Pr Laurence Guédon-Moreau, rythmologue à l’Institut Cœur Poumon (CHU de Lille). L'étude française COMPAS a souligné les avantages de la télésurveillance pour les patients porteurs d'un stimulateur cardiaque, en termes de sécurité. « En ce qui concerne le temps de réaction après un évènement, le délai moyen passe de 145 jours avec un suivi conventionnel, à 28 jours avec la télésurveillance », se réjouit la rythmologue.
Réduction du risque de réhospitalisation
Le Pr Rémi Sabatier (cardiologue au CHU de Caen) est parvenu à montrer que la télésurveillance en post-hospitalisation dans l’IC réduit le risque de réhospitalisations et de décès à long terme. La seule étude randomisée portant sur des critères durs combinant mortalité et hospitalisations conduite en France est l’étude OSICAT par le Pr Michel Galinier, cardiologue au CHU de Toulouse. Les résultats d’efficacité sur la morbimortalité sont en faveur d’une réduction du nombre de jours passés à l’hôpital, à défaut d’avoir un effet sur la mortalité. « L’intérêt de la télésurveillance réside beaucoup dans l’amélioration de la qualité de la prise en charge et de l’organisation des soins voire la diminution des réhospitalisations », commente le Pr Damien Logeard, cardiologue (hôpital Lariboisière, AP-HP, Paris).
D’autres expérimentations sont en cours, dont l’étude E-MEUSE SANTÉ reposant sur un bracelet connecté mesurant automatiquement la SpO2, la fréquence respiratoire et cardiaque et l'activité physique des patients insuffisants respiratoires sous VNI. L'algorithme du score de risque est capable de prédire les exacerbations en moyenne trois jours à l'avance. Selon l'étude APOR présentée lors du congrès 2023 de l'American Thoracic Society, 70 % des médecins ont jugé les données collectées utiles dans la décision d'adapter l'oxygénothérapie. « Notre système va même au-delà de la télésurveillance telle qu’elle est conçue aujourd’hui, détaille le Dr Jean-Claude Cornu, pneumologue et coordinateur au CH de Verdun Saint-Mihiel. Ces objets connectés facilitent une éducation thérapeutique personnalisée, dans le cadre d’un réseau de soins et l’implication du patient dans la modification de ses habitudes de vie ». La télémédecine est-elle la solution aux déserts médicaux ? Le Dr Cornu entend bien apporter des réponses, dans le cadre de la BPCO.
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