LE QUOTIDIEN : Dans quel contexte ce programme a-t-il été mis en œuvre ?
PR FRANÇOIS GOLDWASSER : Nous sommes à un moment charnière en cancérologie où nous sommes passés d'une médecine centrée sur la tumeur à une médecine qui prend davantage en compte l'hôte, comme c'est le cas avec l'immunothérapie. Le rôle clé du muscle a été mis en évidence en parallèle : nous savons désormais que la perte musculaire ou sarcopénie, qui touche 70 % des patients, est un facteur de pronostic indépendant du stade tumoral. Or la sarcopénie, en plus d'être induite par la maladie en elle-même, peut être favorisée par un apport énergétique insuffisant, les traitements… L'idée de préserver ou de rétablir la masse musculaire pour améliorer le devenir de la maladie a donc émergé. Ce programme a été mis au point pour évaluer de façon pluridisciplinaire les bienfaits de l'activité physique.
Quel est l'objectif recherché ?
L'effet principal recherché est l'amélioration du pronostic, mais d'autres effets sont observés, tant sur le plan physique que du mieux-être, avec notamment une amélioration de la fatigue, des troubles du sommeil et de l'estime de soi.
Des essais thérapeutiques ont-ils déjà été réalisés pour l'évaluer ?
Deux essais thérapeutiques sont en cours pour évaluer scientifiquement l'intérêt du programme en termes de qualité de vie et de survie. Le premier compare notre programme à des conseils standards chez des patients atteints de cancer du poumon métastatique sous thérapie ciblée. Le second compare également notre programme à des conseils standards, mais chez des patients atteints de cancer localisé en fin de traitement. Les résultats de ces études sont attendus d'ici à 2 ans, mais d'ores et déjà, nous constatons que le programme a des effets positifs.
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