DEPUIS deux mois, c’est la médecine de ville qui prend en charge la grippe A. Les hôpitaux n’interviennent que pour les cas lourds. Et si l’épidémie s’emballe ?
La DHOS (direction de l’hospitalisatione et de l’organisation des soins, au ministère de la Santé) rappelle l’existence des plans blancs qui prévoient des parades sanitaires pour faire face à un pic très déstabilisateur, mais de courte durée – une explosion de type AZF, une catastrophe naturelle, un attentat. Mais avec la grippe A, « on bascule dans une autre logique de crise sanitaire, avec une montée en charge progressive, et un pic pouvant s’étaler sur trois mois », observe le Dr Patrick Goldstein, responsable du SAMU et des urgences au CHU de Lille, régulièrement consulté par les pouvoirs publics sur les situations de crise.
Plus que l’approvisionnement en masques, la possibilité d’un absentéisme de masse constitue la préoccupation numéro un des hôpitaux. En cas d’épidémie grave, plusieurs activités seront en première ligne : la pédiatrie, l’obstétrique, la réanimation, les urgences, la pneumologie. Si les personnels de ces services tombent malades, ou leurs enfants, comment assumer une surcharge d’activité avec moins de bras ? Le cas de figure, inédit, contraint les autorités à prévoir un nouveau dispositif.
Une circulaire est en préparation, qui fixe les modalités de déprogrammation des activités non prioritaires, et les conditions de réaffectation des personnels dans les services sous tension. Le texte est très attendu sur le terrain. « L’ensemble des personnels hospitaliers, étudiants en médecine compris, sont susceptibles d’être mutés : nous avons besoin d’un cadre réglementaire précis pour éviter les solutions au cas par cas, reprend le Dr Goldstein. Les déprogrammations, de même, ne peuvent être le fait d’une décision personnelle. Les médecins doivent accepter une révolution culturelle en temps de crise sanitaire. Ils doivent accepter de partager ce genre de décision avec les infirmières, les aides soignantes, la direction, et pourquoi pas un représentant des usagers. C’est une question de sécurité sanitaire ».
Et que recommander au reste de l’équipe si l’un de ses membres tombe malade ? « Si tout le monde rentre chez soi, le service s’arrête de tourner !, poursuit l’urgentiste. Aujourd’hui, des employeurs privés demandent un certificat de bonne santé à leurs salariés, des cabinets de ville sont débordés par ce genre de demandes extravagantes. On est dans le délire complet. L’hôpital a besoin de consignes claires (pour ne pas sombrer à son tour dans la paranoïa) », conclut Patrick Goldstein.
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