L’arsenal thérapeutique dans le rhumatisme psoriasique va devenir de plus en plus important dans les prochaines années. De nombreux anticorps monoclonaux anti-IL23p19 sont en développement.
Les promesses des inhibiteurs d’interleukines
Parmi eux, le guselkumab, déjà commercialisé dans le psoriasis en plaques, et dont l’efficacité dans le rhumatisme psoriasique se confirme. Deux études de phase III, DISCOVER-1 et DISCOVER-2 ont été présentées. DISCOVER-1 a évalué le bénéfice du guselkumab chez des patients en échec aux anti-TNF ou naïfs, et DISCOVER-2 chez des patients naïfs de biomédicaments. Les patients étaient randomisés pour recevoir du placebo, du guselkumab 100 mg/4 semaines ou 100 mg/8 semaines. Dans les deux études, à 24 semaines, la proportion de répondeurs ACR 20 était significativement supérieure dans les deux groupes guselkumab que dans le groupe placebo. « Le bénéfice structural a également été montré et un effet sur les enthésites et les dactylites. Ces résultats dans le rhumatisme psoriasique sont intéressants, les deux doses semblent efficaces » ajoute le Pr Valérie Devauchelle-Pensec.
« Les anti-IL-17 sont aussi à l’étude dans la spondyloarthrite axiale non radiographique. Citons, les résultats des études COAST-X avec l’ixékizumab et PREVENT avec le sécukinumab qui ont montré leur efficacité ». Les premières données d’un nouvel inhibiteur de JAK, l’upadacitinib administré per os dans la spondylarthrite ankylosante ont été communiquées. À 14 semaines, la réponse ASAS 40 était atteinte par plus de 50 % des patients. Enfin, toujours dans le domaine de la spondyloarthrite axiale pour laquelle l’uvéite est la manifestation extra-articulaire la plus fréquente, on notera l’efficacité du certolizumab pégylé à réduire la fréquence des épisodes d’uvéite chez ces patients à haut risque.
Des espoirs dans les connectivites auto-immunes
« Cette année est marquée également par de nombreux essais dans ces maladies rares que sont la maladie de Horton, le lupus ou encore le syndrome de Gougerot-Sjögren avec des données encourageantes » souligne le Pr Valérie Devauchelle-Pensec. « Dans l’étude GIACTA, chez des patients souffrant de maladie de Horton, le tocilizumab a déjà montré sa supériorité pour induire la rémission sans cortisone à un an. Les résultats de la deuxième partie de l’étude en ouvert ont été rapportés : 42 % des patients en rémission chez lesquels le tocilizumab a été arrêté, ont maintenu leur rémission, un an après l’arrêt ».
Dans le lupus, les résultats de l’étude TULIP-2 ont montré l’efficacité (réponse BICLA à 1 an) de l’anifrolumab, un anti-interféron de type 1. « Le nombre de poussées était également inférieur avec une diminution notable de la corticothérapie. Un traitement qui peut être intéressant à l’avenir… ».
Enfin, dans le syndrome de Gougerot-Sjögren, une étude de phase IIb a été menée avec l’ianalumab, un anticorps anti-BAFF et anti-lymphocyte B. Les 190 patients inclus ont reçu des injections sous-cutanées mensuelles d’ianalumab à trois doses différentes (5 mg, 50 mg, 300 mg) ou un placebo. « La réponse ESSDAI était significativement supérieure dans le groupe traité à la dose la plus forte (89 % versus 61 % dans le groupe placebo). Un espoir, cependant, pour l’instant, l’évaluation de la douleur et de la sécheresse n’ont pas été pas modifiées. »
Nouveaux essais de biothérapies dans l’arthrose
Les résultats d’un nouvel essai de phase III d’un anticorps monoclonal anti-NGF, par voie sous-cutanée, le tanézumab, ont été présentés. Près de 3 000 patients avec gonarthrose ou coxarthrose ont été randomisés pour recevoir soit un AINS, soit du tanézumab (2,5 mg ou 5 mg) toutes les 8 semaines pendant 56 semaines. À 16 semaines, il a été observé une diminution significative de la douleur (WOMAC) avec la dose de 5 mg. À 56 semaines, aucune différence n’était observée par rapport aux AINS. De plus, des arthropathies destructrices ont été notées avec les deux doses de tanézumab.
Une étude française, présentée en plénière par le Pr Christian Roux (Nice) a, quant à elle, évalué l’efficacité du méthotrexate dans l’arthrose digitale à la dose de 10 mg par semaine. Le critère principal était la douleur à 3 mois, avec un suivi à un an. Les résultats n’ont pas montré de différence sur la douleur entre le groupe traité et le groupe placebo.
« Ces essais sont négatifs mais ils ont le mérite d’avoir été menés et ils ouvrent peut-être de nouvelles pistes… » conclut le Pr Valérie Devauchelle-Pensec.
Des données rassurantes sur le risque néoplasique des biothérapies
Enfin, une étude à large échelle a été réalisée en France à partir des données extraites de la base SNIIRAM de l’Assurance Maladie. Près de 20 000 patients commençant un traitement biologique dans la polyarthrite rhumatoïde ont été identifiés et appariés à des patients recevant un traitement synthétique. Un suivi sur dix ans n’a pas mis en évidence un surrisque de cancer chez les patients traités par biothérapies, tous cancers confondus.
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