Une diminution de seulement 1,5 heure de sommeil par nuit est associée à une augmentation du poids corporel, du tour de taille et du temps passé en position assise chez les adultes présentant un risque cardiométabolique élevé. Ces résultats, publiés dans Annals of Internal Medicine, suggèrent que « des stratégies visant à favoriser une durée de sommeil adéquate devraient être intégrées aux programmes de gestion du poids et de prévention des maladies cardiométaboliques ».
« Le sommeil est de plus en plus reconnu comme un facteur essentiel pour la santé cardiovasculaire. Le manque de sommeil est très répandu et est systématiquement associé à un risque accru d’obésité et à de moins bons résultats en matière de perte de poids », rappellent les auteurs, issus de l’Université de Columbia (États-Unis).
Pas de différence selon le sexe
Les chercheurs ont analysé les données de deux essais randomisés et ont inclus 95 adultes (≥ 20 ans) présentant des facteurs de risque cardiométaboliques et dormant généralement au moins sept heures par nuit. La cohorte comprenait 72 femmes dont 15 en ménopause. Les participants avaient suivi un programme de sommeil comportant six semaines de sommeil habituel et six semaines de sommeil réduit de 1,5 heure par nuit, séparées par une « période de sevrage » de plusieurs semaines.
Pendant la période de restriction du sommeil (- 78,4 minutes en moyenne), les participants ont pris un peu de poids (+ 0,45 kg en moyenne), ont vu leur tour de taille augmenter légèrement (+ 0,52 cm) et ont passé plus de temps en position assise ou allongée (+ 17,2 min par jour) par rapport à la période où ils dormaient normalement. Les taux de leptine étaient également plus élevés en cas de restriction de sommeil (+ 2,03 ng/mL en moyenne). En revanche, les auteurs ont observé que la réduction du temps de sommeil n’avait pas eu d’effet sur le temps consacré à une activité physique modérée à intense.
Ces résultats indiquent qu’une réduction modérée et prolongée de la durée du sommeil peut contribuer à une prise de poids progressive chez les adultes présentant un risque élevé de maladies cardiométaboliques, ce qui souligne l’importance d’aborder la question de la durée du sommeil lors des consultations médicales.
Augmentation de l’apport énergétique journalier
Concernant les mécanismes sous-jacents de la prise de poids modérée, les chercheurs pointent une augmentation possible de l’apport énergétique consécutive à la réduction du temps de sommeil. Cette dernière déréglerait en effet le contrôle hormonal de l’appétit, notamment celui des taux de ghréline et du GLP-1. L’augmentation du temps de sédentarité constituerait également un levier majeur de la prise de poids.
Enfin, « compte tenu de la relation positive entre le statut pondéral et l’incidence des maladies cardiovasculaires, ces résultats mettent en évidence un mécanisme potentiel par lequel un manque de sommeil chronique pourrait accélérer le développement de ces maladies chez les personnes présentant déjà des facteurs de risque », concluent les auteurs.
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