La Suède fait de la recherche clinique une priorité nationale

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Publié le 11/03/2019
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Jenni Nordborg

Jenni Nordborg
Crédit photo : DR

Au pays des prix Nobel, on connaît la valeur de la recherche scientifique. C’est pourquoi la Suède a décidé de se doter d’une « Stratégie nationale des sciences du vivant ». En charge de l’élaborer, une unité dédiée a été créée au sein de l’exécutif. Son personnel vient de trois ministères et sa patronne, Jenni Nordborg, était à Paris en décembre dernier pour présenter son travail lors d’une conférence organisée au Collège de France.

« Nous avons besoin de nouvelles compétences et de nouvelles connaissance, mais nous ne savons pas encore desquelles », a expliqué la Suédoise à cette occasion. C’est pourquoi la structure qu’elle coordonne a reçu pour instruction de ratisser large : les thèmes qu’elle doit labourer sont les données, la médecine de précision et les systèmes de santé. Autant dire qu’elle ne manque pas de travail.

En course pour attirer les essais cliniques

L’approche choisie par le bureau de Jenni Nordborg est résolument compétitive. « La Suède vise à être un marché attractif pour les essais cliniques internationaux de l’industrie mondiale afin d’attirer de nouveaux investissements », peut-on lire dans le document qui définissait sa mission début 2018. L’objectif ? « Préparer la voie pour la prochaine génération de points forts suédois à l’export ».

Et à la lecture de ce texte, on comprend que la Suède a décidé de ne pas ménager ses efforts en matière de recherche clinique. Les autorités annoncent par exemple vouloir réduire « autant que possible » les délais nécessaires pour autoriser de nouveaux traitements ou encore fixer leurs prix, conscientes du caractère crucial de ce facteur aux yeux des laboratoires pharmaceutiques.

Génomique et big data

La Suède entend aussi mettre à la disposition des industriels et des chercheurs ses infrastructures, et vante notamment son parti-pris en faveur de la génomique. L’initiative Genomic Medicine Sweden doit par exemple permettre de fournir les outils de séquençage les plus puissants aux centres investigateurs. Des efforts particuliers en termes d’intelligence artificielle sont également annoncés.

Bien sûr, le bureau de Jenni Nordborg n’est pas censé faire tout cela à lui tout seul. « Notre rôle est de coordonner le développement des politiques, et de donner les priorités », affirme la coordinatrice. Sa méthode ? « Le dialogue avec toutes les parties-prenantes. » Public et privé, enseignement et soin, médical et médico-social, industriels et politiques… Tous sont impliqués, et seront selon la Scandinave unis pour atteindre un même but. De quoi faire rêver vu de France. 

Adrien Renaud

Source : Le Quotidien du médecin: 9731