Laits maternisés

Pas de culpabilisation des mamans qui refusent d'allaiter

Publié le 07/05/2009
Article réservé aux abonnés

En dépit des récentes recommandations de l'Académie Nationale de Médecine en faveur de l'allaitement maternel, il n'est pas toujours facile pour une jeune maman d'allaiter son bébé pour des raisons à la fois matérielles et psychologiques. La faculté d'être une « bonne mère » n'est pas remise en cause par un allaitement avec du lait maternisé.

« Mme P., 39 ans, vient d'accoucher mais souhaite reprendre dès que possible son activité professionnelle. Comme sa mère, elle préfère donner le biberon plutôt que d'allaiter, d'autant que le papa est partant pour partager la tâche… »

L'allaitement maternel lorsque c'est possible

«. L'allaitement au sein favorise une meilleure maturation sensorielle, diminue le risque de survenue d'eczéma, des infections intestinales et respiratoires, de la mort subite du nourrisson, de l'obésité et du diabète de type 1 chez l'enfant… » souligne l'Académie Nationale de Médecine dans son rapport sur l'alimentation du nouveau-né et du nourrisson*. Elle préconise donc une incitation à l'allaitement maternel lorsque c'est possible en rappelant qu'au cours de l'allaitement, « il est nécessaire de s'abstenir de fumer, de ne pas consommer de l'alcool ni de drogue, et de limiter la prise de médicaments à l'indispensable et uniquement prescrit par un médecin ».

Des laits maternisés à prescrire sans culpabilisation

Pour autant, le médecin est parfois confronté à des refus d'allaiter et à des contre-indications à l'allaitement (mères toxicomanes, traitements médicamenteux lourds…). Dans un cas comme dans l'autre, le choix du biberon sera fait sans culpabiliser les mamans car contraindre à l'allaitement avec des arguments scientifiques alors que les raisons du refus sont souvent enracinées dans l'histoire et l'inconscient de la patiente (voir encadré) fait courir le risque d'un allaitement mal vécu par la mère. Il reste que les laits maternisés sont aujourd'hui très proches dans leur composition du lait maternel et peuvent être prescrits sans problème jusqu'à l'âge d'un an selon l'Académie Nationale de Médecine.

Diversifier entre cinq et sept mois

Que l'allaitement soit au sein ou au biberon, l'âge de la diversification alimentaire doit se faire entre cinq et sept mois selon les dernières données de la science médicale, pour prévenir, entre autres, les risques d'allergies alimentaires. Ce sera là aussi l'occasion d'un échange entre la mère et le nourrisson, à un moment où se forme le goût de l'enfant pour en favoriser la diversité. Proposer au bébé une palette de petits pots pour nourrissons, dont la composition est désormais régie par une directive européenne, est un bon moyen d'éveiller la curiosité et le plaisir de goûter diverses saveurs du jeune enfant.

* Rapport « alimentation du nouveau-né et du nourrisson », Académie Nationale de Médecine, février 2009.
Dr Jean-Pierre Rageau

Source : Le Généraliste: 2488