Carrières médicales
LA PRÉVENTION des risques et la surveillance médicale y compris au travail sont en plein essor et le conseil national de l’Ordre des médecins planche désormais sur cette médecine préventive pour faciliter sa reconnaissance. « La prévention reste encore le parent pauvre de la santé alors qu’elle devient aujourd’hui un acte médical en tant que tel et ce regard pour prévoir doit être mieux considéré dans les années à venir », estime Isabelle Gauthier qui participe à ces travaux au CNOM. L’Académie de médecine lui emboîte le pas en réfléchissant de son côté sous la houlette du Pr Claude Dreux, à la manière dont la prévention pourrait enfin trouver sa juste place.
Déjà, plus de 2 500 généralistes et spécialistes rejoignent le temps de vacations, des centres de prévention publics mais aussi désormais privés. À Paris, le groupe Santé et retraite vient, par exemple, d’ouvrir les portes du centre Luxembourg où une quinzaine de médecins se croisent chaque semaine, proposant des consultations de prévention, des diagnostics et des bilans pluridisciplinaires conventionnés permettant d’anticiper et de simplifier les soins. Une nouvelle approche encouragée par les pouvoirs publics. À l’occasion du congrès de l’Association des régions de France, Marylise Lebranchu ministre de la réforme de l’État, de la décentralisation et de la fonction publique rappelait fin octobre aux élus que « les collectivités locales sont créatrices de croissance et d’emplois ».
C’est effectivement la dynamique enclenchée par des collectivités territoriales qui déroulent le tapis rouge pour vous recruter. Le CNOM recense aujourd’hui 2 300 médecins de PMI, 638 médecins territoriaux et 300 médecins de prévention, mais sur le terrain cela ne suffit pas. Car d’ici à 2020, 60 % des médecins en exercice dans les collectivités territoriales seront partis en retraite et la relève se fait attendre. Les confrères et consœurs qui feront ce choix profiteront de multiples avantages peu connus, notamment en terme de formation. Le temps accordé pour la mise à jour des connaissances est en effet rémunéré allant jusqu’à 10 % du temps de travail. Contrairement aux idées reçues, devenir fonctionnaire n’enlève aussi rien aux obligations d’indépendance professionnelle et de secret professionnel, régi par le code de déontologie médical. Mais pour Pierre Suesser, président du syndicat national des médecins de protection maternelle et infantile, les avantages ne s’arrêtent pas là. « Certains départements faisaient jusqu’à présent peu d’efforts pour attirer de jeunes médecins. Désormais, ils font appel à des contractuels dans de bonnes conditions lorsqu’il n’y a pas de titulaire parmi les candidats », précise-t-il.
Des rémunérations plus justes.
L’harmonisation de la rémunération des médecins dans la fonction publique à la hauteur de leurs compétences et sur le point d’aboutir. Reçu dès cet été par Marylise Lebranchu et Emmanuel Valls, ministre de l’intérieur, Pierre Suesser se dit confiant sur ces mesures promises dès 2013. « Les ministres concernés sont désormais convaincus de l’importance d’harmoniser ces rémunérations des médecins dans la fonction publique. Nos jeunes collègues qui souhaitent s’engager dans cette voie vont pouvoir bénéficier de rémunérations plus raisonnables au niveau des collectivités locales. » Sans rentrer dans la technicité des grilles indiciaires, Pierre Suesser garantit une rémunération de départ autour de 2 500 euros, pour atteindre 5 000 euros mensuels en fin de carrière primes incluses. Il tend aussi la perche aux médecins qui ne sont pas encore diplômés. « Pour capter vos compétences, de très nombreux départements proposent désormais des bourses d’études dans le cadre des deux dernières années d’internat de médecine générale ou de spécialité. En contrepartie, l’État réclame 3 ou 4 ans d’exercice. C’est une expérience à tenter, un détour qui mérite bien un stage, en ne courant qu’un seul risque : celui d’avoir envie d’y rester ! »
Article précédent
La santé publique de terrain, c’est concret !
Ces médecins ambassadeurs de la santé au travail
La santé publique de terrain, c’est concret !
Collectivités et entreprises déroulent le tapis rouge
CCAM technique : des trous dans la raquette des revalorisations
Dr Patrick Gasser (Avenir Spé) : « Mon but n’est pas de m’opposer à mes collègues médecins généralistes »
Congrès de la SNFMI 2024 : la médecine interne à la loupe
La nouvelle convention médicale publiée au Journal officiel, le G à 30 euros le 22 décembre 2024