PRESERVE (1), étude randomisée multicentrique (80 centres en Europe, Amérique latine, Asie, Australie) a été conduite auprès de 834 patients atteints de PR active (DAS 28 de 3,2 à 5,1) de mars 2008 à septembre 2009. Le traitement en ouvert d’une durée de 36 semaines comportait du MTX (15 à 25 mg/semaine) et de l’étanercept (ETN) (50 mg/semaine). Au terme des 36 semaines de traitement, 604 patients en rémission (DAS 28 (score d’activité de la maladie dans 28 sites articulaires ) ‹ 2,6) ont été randomisés pour recevoir un des traitements suivants : ETN 50 mg/semaine + MTX, ETN 25 mg/semaine + MTX, MTX ; ils ont été suivis pendant 52 semaines.
À la semaine 88, 66,7 % (134/201) des patients sous ETN (50 mg/semaine + MTX) et 60 % (121/201) des patients sous ETN (25 mg/semaine +MTX) étaient toujours en rémission versus 30 % (58/197) dans le groupe MTX. Ces résultats montrent qu’il est possible de réduire les doses d’étanercept (25 mg/semaine) chez les patients en rémission prolongée.
L’étude française STRASS (Spacing of TNF blocker injections in RA study) (2) est un essai contrôlé randomisé en double aveugle de décroissance progressive des anti-TNF versus leur maintien chez 138 patients sous étanercept ou adalimumab en rémission (DAS 28 ‹ 2,6) depuis 6 mois. 64 patients ont eu un espacement des doses, 73 ont poursuivi leur traitement, tous ont été suivis tous les trois mois pendant 18 mois. Le délai entre deux injections était majoré de 50 % tous les trois mois si aucune modification du DAS 28 n’était signalée.
Au terme des 18 mois, 73,4 % (n = 47) des patients du groupe « espacement » ont pu bénéficier d’un espacement de doses d’anti-TNF et 37,5 % (n = 24) d’entre eux ont pu arrêter le traitement.
Le risque de survenue d’une poussée était plus élevé dans le groupe « espacement » (81 % versus 56 % p = 0,0009) mais il est resté contrôlable par la réascension des traitements. Cette stratégie n’a pas eu d’impact sur la progression des dommages structurels qui était similaire dans les deux groupes de traitements. L’espacement des doses de biothérapies paraît être ainsi une option envisageable chez les patients atteints de PR en rémission prolongée.
Communication du Pr Maxime Dougados (hôpital Cochin, Paris) lors du symposium organisé par le laboratoire Pfizer.
(1)Smolen JS et al Lancet 2013;381:918-29.
(2) Fauvel B et al EULAR 2013 : OP0066.
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