Dr Stéphane Lebois, généraliste dans l'Oise : « pas branché par cette façon de faire de la médecine »

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Publié le 14/01/2019
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Installé à La Neuville-Roy, commune rurale de l'Oise, le Dr Stéphane Lebois, 55 ans, exerce depuis 2005 dans une maison de santé pluridisciplinaire avec douze autres professionnels de santé.

Il a accepté, à la demande de l'agence régionale de santé (ARS), de participer à une expérimentation de téléconsultation pour les patients sans médecin traitant. Dans ce cadre, le médecin, formé sur le logiciel Covotem (société Covalia), a dégagé son planning pour réserver deux tranches d'horaires de 11 h à 12 h 30 les mardis et vendredis, une semaine sur deux, à ces consultations à distance. « La veille, je prends connaissance de la nature des rendez-vous indiqués dans le logiciel de télémédecine. Il s'agit principalement des pathologies courantes de patients aux profils divers ».

À l'heure indiquée, le Dr Lebois se connecte par visioconférence. Le patient est accueilli dans un EHPAD du secteur, qui propose une salle équipée d'un chariot de télémédecine avec les outils de diagnostics connectés (thermomètre, saturomètre, stéthoscope…). Sur place, un infirmier libéral accompagne le patient durant la téléconsultation. « L'infirmier crée le dossier administratif et rentre les constantes dès le début de la consultation. Les patients sont contents. J'ai vu dernièrement une patiente souffrant de gastroentérite nécessitant la prescription d'un traitement et d'un arrêt de travail ».

Seul bémol : la transmission de l'ordonnance. « Je dois la scanner pour l'envoyer à l'infirmier via le logiciel mais sinon le système fonctionne facilement ». Même si l'expérimentation entre dans le cadre de l'avenant 6, le médecin ne cote pas ses actes. « Le patient ne paie pas mais l'assurance maladie me rémunère 25 euros ».

Malgré ces facilités, le médecin avoue ne pas être « branché par cette façon de faire de la médecine ». « Je veux bien répondre ponctuellement à un besoin d'un territoire déficitaire et venir en aide à une population éloignée. Mais je ne vois pas l'intérêt de la proposer à mes propres patients car j'arrive à leur donner les rendez-vous le jour même ».

 

 


Source : Le Quotidien du médecin: 9715