« Je suis très connecté, je me suis lancé dès le 15 septembre, raconte le Dr Arnault Pfersdorff, pédiatre de 66 ans installé à Strasbourg. Le bilan est très positif, j'incite mes confrères à y aller ». Le praticien effectue une à trois téléconsultations par jour selon les besoins et toujours auprès de patients qu'il a déjà soignés comme le stipule l'avenant 6 télémédecine. « D'abord, on échange par mail ou téléphone, je prends la décision de leur proposer une téléconsultation ou non et je fixe moi-même un horaire », assure-t-il.
Le Dr Pfersdorff a co-fondé pediatre-online, un site de téléconseil, mais un partenariat avec la société Telemedia lui a ouvert les portes de la téléconsultation. « Le patient reçoit un lien pour télécharger l'application sur son téléphone, il s'y connecte une minute avant le début de la téléconsultation et, de mon côté un voyant s'allume lorsqu'il est prêt pour démarrer. C'est moi qui lance la vidéo ».
Même si le recul est insuffisant, les avantages sont incontestables pour ce pédiatre. « C'est un gain de temps pour le médecin et les parents. Ça me permet aussi de soulager ma journée de consultations », souligne-t-il. « Différents cas peuvent être gérés à distance comme le nez qui coule, les joues rouges, etc. En revanche, c'est l'expérience du médecin et les arguments cliniques qui déclenchent la téléconsultation et pour cela il faut un peu de bouteille. Si on ne le sent pas on ne le fait pas ! »
La solution est jugée efficace avec une qualité de la vidéo en haute définition. « On peut zoomer, c'est lumineux ». En cas de retard du médecin, le temps d'attente est estimé et envoyé automatiquement au patient.
Seul bémol, le logiciel métier n'est pas (encore) compatible, faute de mise à jour. « Je suis chez MédiStory et je ne peux pas télétransmettre en mode dégradé, le soir après la journée, et coter. J'envoie donc une feuille classique à ma CPAM. Je n'ai pas eu de problème pour être payé et normalement, le logiciel devrait être mis à jour bientôt ».
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