Le cancer est de plus en plus considéré comme une pathologie chronique, avec les problèmes liés aux séquelles physiques, psychiques et fonctionnelles mais aussi aux difficultés familiales, sociales et professionnelles, ce qui justifie son abord par des démarches de rééducation, réadaptation et réinsertion.
À côté de la rééducation classique liée aux diverses localisations, la prise en charge est essentielle dans deux domaines, celui de la fatigue, symptôme majeur qui nécessite souvent la réadaptation à l’effort et celui de la reprise de l’activité physique, facteur de meilleur pronostic des cancers et de diminution des récidives, bien démontré dans les tumeurs du sein et du rectum et vraisemblablement dans d’autres cancers.
Pour améliorer les pratiques, l’AFSOS (Association Francophone pour les Soins Oncologiques de Support) élabore régulièrement des référentiels sur la reprise de l’activité physique et la prise en charge de la fatigue en partenariat avec la SOFMER, destinés à tous les acteurs de santé prenant en charge les patients atteints de cancer.
Le référentiel sur la prise en charge des tumeurs cérébrales a été mis en place grâce à la collaboration de l’AFSOS, de la SOFMER et de l’ANOCEF (association des neuro-oncologues d’expression française) pour être diffusée à tous les rééducateurs, neuro-oncologues et équipes de soins de support. "Ces pathologies peuvent être très invalidantes ; actuellement leur approche évolue puisque certaines formes ont un pronostic plus favorable à moyen terme, d’où la nécessité d’un accompagnement rééducatif précoce, avec comme dans les AVC la prise en charge des troubles spastiques, cognitifs, ostéoarticulaires, urinaires, de la déglutition, de la désorientation… etc. Lorsque le pronostic est moins bon, la réadaptation permet d’améliorer la qualité de vie" explique le Dr Calmels. L’objectif est de sensibiliser les neuro-oncologues aux conséquences fonctionnelles de ces tumeurs, afin d’orienter les patients vers des unités de rééducation et des réseaux. "Dans notre service de médecine physique et réadaptation (MPR), nous travaillons avec l’institut de cancérologie et les soins de support. Nous voyons les patients en consultation et nous leur proposons des prises en charge pluridisciplinaires en hôpital de jour avec orthophonistes, ergothérapeutes, kinésithérapeutes, psychologues et neuropsychologues, services sociaux, fabricants d’orthèse… etc."
Dr Maia Gouvard-Gouffrant
D’après un entretien avec le Dr Paul Calmels, Service de Médecine physique et de réadaptation, CHU Saint-Étienne.
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