"Nous voulons exprimer la reconnaissance à ces soldats qui ont des "droits sur nous" explique le Pr Éric Lapeyre qui poursuit, citant Sacha Guitry "un soldat n’a pas perdu un membre à la guerre il l’a donné à la nation" laquelle se doit le soutenir tout au long du parcours de soin".
L’hôpital d’instruction des armées (HIA) Percy a accueilli la grande majorité des militaires blessés en Afghanistan, de la prise en charge médicale à la rééducation et la réinsertion au milieu familial, professionnel, social et sportif. Il s’agissait généralement de grands polytraumatisés, avec des lésions complexes, dites de
« blast », assez particulières du fait des engins Engins explosifs Improvisés (IED en anglais) et avec bien souvent une souffrance psychique dans le cadre de syndromes de stress posttraumatique.
Les combattants sont pris en charge au plus tôt sur le terrain, puis rapatriés dans un hôpital pour le "damage contrôle", c’est-à-dire les gestes chirurgicaux et la réanimation stabilisant les lésions afin de permettre le rapatriement en moins de 24 heures vers des hôpitaux type Percy.
Optimiser le système de prise en charge
La rééducation est intégrée à ce parcours de soin du soldat blessé pour, dès la phase initiale, lui redonner l’autonomie dans la vie quotidienne et élaborer avec lui un projet de réadaptation et réinsertion. "Avec la CABAT (cellule d’aide aux blessés de l’armée de terre), nous avons créé au sein de Percy une cellule expérimentale, la C2RBO, pour baliser les étapes le plus tôt possible afin de remettre le soldat au plus près de sa fonction et de son régiment en adaptant éventuellement le poste. Lorsque cela n’est pas possible, on essaie de les intégrer dans un autre poste au sein du régiment ; sinon on peut leur proposer une reconversion dans le civil par exemple avec un statut d’employé civil au sein de la défense. Si les lésions sont très lourdes, nous leur assurons une assistance médicalisée à domicile ou dans des structures de long séjour comme l’institution nationale des invalides".
Cette cellule multidisciplinaire permet ainsi d’obtenir des financements spéciaux pour de nombreux projets comme les nouvelles prothèses que ne prend pas en charge l’Assurance-maladie. "Nous avons aussi mis en place le "pack sportif" qui leur offre tous les ans des stages handisports. On essaie d’amener ceux qui le souhaitent vers le handisport de haut niveau". L’activité physique est en effet essentielle pour ces jeunes actifs sportifs et, dès l’hospitalisation, ils bénéficient d’un réentraînement à l’effort, afin de restaurer leurs capacités cardiorespiratoires et leur faire découvrir les activités handisports.
D’après un entretien avec le Pr Éric Lapeyre, HIA Percy Service Médecine Physique et Réadaptation
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