Actuellement, ce sont essentiellement les BPCO évoluées, au stade 3 à 4 qui bénéficient de la réadaptation respiratoire, alors que dès les stades 0/1 on pourrait agir de façon préventive afin d’éviter la dégradation de la fonction respiratoire. Le diagnostic est souvent trop tardif, d’où importance d’un dépistage systématique à partir de 40 ans, que ce soit chez les fumeurs ou chez les personnes exposés professionnellement, 20 % des BPCO n’étant pas liées au tabac mais aux toxiques utilisés dans l’agriculture et l’industrie. L’objectif de la réadaptation respiratoire est de rompre le cercle vicieux réduction de la perfusion musculaire, atrophie, diminution de l’activité physique et des capacités respiratoires. Elle vise à augmenter le rapport travail/consommation d’02 en particulier au niveau des muscles respiratoires et périphériques. Elle ne restaure pas la fonction respiratoire mais assure une meilleure utilisation de l’02 par l’organisme et une meilleure activité physique. Un des facteurs pronostique est le score BODE –poids (BODE : Body mass index airflow Obstruction functional Dyspnea Exercise capacity), obstruction respiratoire, dyspnée, endurance-. Parmi ces paramètres, l’obstruction respiratoire est généralement fixe mais les autres facteurs sont susceptibles d’amélioration : la rééducation augmente l’endurance, réduit la dyspnée tandis que le volet nutritionnel stabilise le poids.
"Une médication par l’exercice"
Le programme de rééducation est personnalisé, et détermine au préalable fréquence, intensité, type d’exercice, temps ou durée par séance et dans le temps, selon le principe de travail en surcharge (acronyme FITTS : fréquence, intensité, temps, type séances), avec adaptation en fonction de la réponse. L’objectif est de faire travailler le maximum de groupes musculaires possibles en tenant compte des pathologies associées comme l’arthrose des membres. Globalement, pour améliorer l’endurance, il est prescrit, 15 à 20 séances, de 3 à 5 fois par semaine pour une durée de 8 à 12 semaines. L’autre pilier de la réadaptation respiratoire est l’éducation thérapeutique individualisée, particulièrement importante pour le maintien de l’activité physique au retour à domicile. On sait que si le patient arrête, tout le bénéfice est perdu en 6 mois. On a maintenant diverses options comme des locations de vélo à domicile avec un suivi régulier par des éducateurs sportifs ou des professionnels de rééducation, des réseaux sport/santé qui orientent vers des clubs sportifs, des associations de marche nordique, de randonnée…etc.
D’après un entretien avec le Pr François-Constant Boyer, Pôle Médecine physique et réadaptation (MPR), CHU de Reims
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